Un espace déstructuré et riche en expériences. Peut-être je romance cette phase, mais je reste convaincu que son charme résidait dans le désintérêt de la plus part des acteurs de l’époque.
Il est vrai que l’article d’Actuel cette semaine s’articule en grande partie autour de mon témoignage, et je ne m’y attendais pas. Mais une partie de mon témoignage n’y figure pas non plus, sinon j’aurai fait la couv’ ze3ma.
De mon point de vue, cet espace a été certes pollué par une nouvelle race de surfeurs, qui cherchent à rentabiliser le virtuel et monter la vague du changement, mais ce n’est que la rançon à payer pour l’extraordinaire croissance des nombres de spectateurs.
Je vous laisse découvrir mon mail :
Bonsoir,
Je suis un peu en retard, journée chargée plus que prévu :)
Et je la finis avec ce jet exprès. Si tu veux que je développe ou j’affine, tu me le dis.
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Je suis 7didane Lahrami, héros mythique de notre enfance qui a ressuscité dans la peau d’un pirate des eaux virtuelles, et vogue depuis plus de 4 ans et demi sur ces mers.
Morts plusieurs fois, et ressuscité. Sur l’échelle virtuelle, nous pouvons dire que j’ai de la bouteille. En tout cas assez pour témoigner d’un réel boom en 2011. Cette année a connu une croissance exceptionnelle du nombre de lecteurs/suiveurs/spectateurs, et l’arrivée d’un nouveau profil de surfeurs : les auto-proclamés influenceurs.
On l’aura compris, j’aperçois cet espace avant tout comme une scène fantaisiste. Un bac à sable un peu enfantin, innocent, qui peut être un terreau fertile pour des idées créatrices.
De mon point de vue, cet espace a été certes pollué par une nouvelle race de surfeurs, qui cherchent à rentabiliser le virtuel et monter la vague du changement, mais ce n’est que la rançon à payer pour l’extraordinaire croissance des nombres de spectateurs.
Il y a un peu plus d’un an, l’essentiel des actifs sur le web, c’est-à-dire les générateurs ou diffuseurs de contenu, ne dépassaient pas la centaine. Une minorité très diversifiée, où le procrastinateur compulsif, côtoie la poétesse qui a passé à coté de sa vocation. On pouvait retrouver l’ingénieur, chroniqueur ou éditorialiste refoulé de son état, qui échange avec le médecin expatrié désirant garder une fenêtre ouverte sur son pays le Maroc. Le retraité de la fonction publique qui confronte sa vision du Maroc avec le juriste globetrotteur. Un espace déstructuré et riche en expériences. Peut-être je romance cette phase, mais je reste convaincu que son charme résidait dans le désintérêt de la plus part des acteurs de l’époque.
Et puis le boom des influenceurs arriva, et changea à jamais la donne.
Tout d’abord, comment peut-on reconnaitre un « influenceur 2.0» ?
Comme j’ai dit, l’influenceur est le premier à se déclarer comme tel, ce qui nous facilite la tâche.
L’influenceur privilégie aussi facebook par rapport au blog ou twitter, très probablement parce que c’est le seul média où nous ne distinguons pas qui a suivi l’autre : l’acteur ou le spectateur. Ce qui donne des situations assez cocasses avec des influenceurs sur twitter qui suivent tous leurs influencés : nombre followers presque égale au nombre des following.
Et la principale caractéristique à mes yeux de l’influenceur est sa conception du virtuel qui est très ancrée dans la réalité. L’influenceur n’envisage pas le virtuel comme une page blanche, mais plutôt comme un annuaire professionnel quand ce n’est pas un carré sur un mur de propagande électorale. L’influenceur diffuse des messages politiques, ou fait la publicité d’un produit. L’influenceur est avant tout un relais, un haut parleur, de l’ancienne génération.
L’influenceur ne génère pas de contenu. Ce qui le différencie avec les blogueurs égyptiens et tunisiens. Il se spécialise aussi dans un créneau :
- Politique, en psalmodiant les louanges ou insultes d’une figure politique du réel.
- Economique, en mettent en valeur son expertise dans le 2.0 pour espérer devenir Community Manager d’une marque.
- Ou un bouffon fournisseur de jeux de mots et blagues.
Nous sommes très loin de l’expertise, l’analyse ou l’enquête. Et quand je dis expertise je compte aussi les experts en mode et style.
Le virtuel marocain est avant tout une scène où des acteurs amateurs se produisent. Une scène beaucoup moins grande que la télé ou la radio, mais plus grande que la maison du jeune du quartier. Et je pense que le plus grand des influenceurs de cet espace déplacera moins de foule que le plus petit des chauffeurs de tente caïdale.
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Amicalement,
7didane

