Archive for March, 2008
Ma vie normale

Je suis loin, très loin.
J’ai balancé de l’autre coté du miroir,
J’ai corrompu mon âme.
Je suis entouré par une tribu de hyènes,
Jour et nuit, nuit et jour,
Je suis gavé par la vue des mêmes personnes
Je gerbe la consanguinité des idées
Je suis le cochon d’Inde d’une vie de déjà-vu
Je suis l’ombre de moi-même
Je pue la normalité
Comment casser le rythme ?
Je souhaite tomber malade : 10 jours d’arrêt maladie à Rome ou Barcelone.
Hélas, mon corps ne tombe jamais malade.
14 commentsLes 7 Profils du blogueur marocain résident au Maroc
1 - Soit retraité : Exemple, Hmida…
2 – Soit chômeur à BMW et gros chèque d’indemnité : Exemple, Fhamator…
3 – Soit riche rentier polyglotte : Exemple Ibn Kafka…
4 – Soit mère au foyer qui peut manifestement bosser à l’extérieur mais paresseuse : Exemple Moony…
5 – Etudiant boutonneux : Vous n’avez que l’embarras du choix.
6 – Cadre se prenant pour Hank Moody dans californication : C.C…
7 - La célibataire émerveillée par la pseudo ouverture d’esprit des pseudos : n’avez que l’embarras du choix.
Le seul profil viable de la personne normalement constitué (boulot+famille) qui me semble tenir la route
est celui de ML !
Quelle ironie du sort.
La blogoma est une déformation de la société marocaine. Une cellule tumorale. Un énorme catch de toutes les exceptions du système. Un salon pour des inadaptés sociaux. Un wagon désinfecté d’un train abandonné.
17 commentsLettre de rupture ou excès de haine
Le secret pour se délecter de nauséabondes réminiscences. “Une relation exclusivement physique ! C’est à prendre ou à laisser.” Une phrase pathétique, ô combien regrettable. Lancée tel un dessous, un soyeux colifichet. Se promène sur un visage assombri pour le dérider, effleure des endroits improbables pour décrisper l’ensemble et se laisse doucement choir, pantelante, moribonde. Désenchantée. Mercantilisme physique. Jouissance séminale, concupiscence. Oui. En fait, quand je t’ai vu dans le couloir du métropolitain, je pensais déjà à faire voler tes vêtements dans ce corridor poussiéreux, scène de mes fantasmes les plus obscènes. Pendant le diner, je t’imaginais me plaquant contre le mur et me prenant sauvagement. Ton regard se chargeait de passion, quittait petit à petit sa pellicule de cendres froides, à mesure que tu t’enlisais dans un pieux monologue en hommage aux belles lettres que tu as avidement parcouru, étant gamin. Pendant ce temps, en fervente adoratrice de Sade - J’ai une parfaite réplique de son boudoir à la maison - je ne voyais en toi que des mains. Des mains qui me malaxent vigoureusement la poitrine. Un souffle qui m’embrase le cou. Un membre qui secoue les tréfonds de mon vagin. “Pourquoi ne prenons-nous jamais le temps de connaître avant de consommer ?”, déplores-tu. J’ai mis un temps fou avant de pénétrer dans ton antre de la dépravation, ou toi dans le mien. Un mois. Un mois ! Ma patience n’a apparemment pas de limites. Moi qui d’habitude, ne rechigne jamais devant la trépidante perspective d’un plan baise à quatre heures du matin, dans les toilettes d’une boite de nuit. Moi qui attends à peine une poignée d’heures avant de me précipiter sur le ténébreux inconnu qui me regarde d’un air libidineux, du fond de son verre de whisky soda. “Totalement désarmés face à toute situation autre qu’horizontale”. Non ! Tu te trompes outrageusement. Etant férocement portée sur la chose, aucune position ne me rebute. Toutes me font entrevoir la lumière blafarde de l’au-delà. Mais je t’avoue que je n’atteins l’extase que lorsque l’assemblage est digne d’une œuvre de la collection de François Pinault. Des membres qui s’entremêlent, des dents qui s’entrechoquent, des liquides qui se promènent le long de ce paysage lubrique, une espèce de Guernica de la luxure, quoi. “Et puis toi, ce silence ininterrompu qui semble constamment dire “venons-en à l’essentiel” me plombe au delà de l’explicable” Si tu savais, ce que l’on se raconte, ce qu’on pérore, ce qu’on glousse, ce qu’on s’esclaffe, entre filles. “L’égalité des sexe” fait que les conversations féminines ont fâcheusement tendance à se masculiniser. Au diable la manucure, le gommage, l’épilation à la cire et les people ! M. parle de son quadruple orgasme de vendredi, J. de la gâterie dont elle a gentiment gratifié son copain, moi de la manière de m’adonner à une boulimie exemplaire pour me remettre du coït de l’après-midi. Entre filles, on se parle. Parce qu’on n’a pas encore osé s’avouer nos insidieux penchants homosexuels. Heureusement, car ça me plomberait personnellement au delà de l’explicable de devoir faire la conversation à mon placard ou pire, à mon abat-jour. “Oh tu sais, si l’arrogance, le mépris, l’agressivité sont les valeurs que tu recherches, il n’y a pas rareté en la ressource dans ce pays ou l’autre, tu trouveras bien assez vite chaussure à ton pied.” Arrogance ? Mépris ? Agressivité ?! Késaco ? Tu sais, je ne suis pas difficile, une petite séance de jambes en l’air et je suis chaussée comme une reine. “Mais enfin, je ne suis pas collant, fleur bleue à souhait, et pour être tout à fait honnête, il m’arrive d’accepter cette pseudo-intrusion intime, dans le seul but de faire plaisir.” Pourquoi je m’offusquerais de telles qualités ?! Il faut être jusqu’au-boutiste dans la magnanimité. Quand on supporte, autant le faire jusqu’à l’écoeurement. Ca me fait penser aussi à cet illustre penseur tatoué, répondant au nom de 50 cent : “If you’ll be a nympho, I’ll be a nympho”. C’est d’une bouleversante générosité.
Je crois que j’ai presque tout dit. Oublie les papouilles, les “Je t’aime” timides, à peine esquissés sur un texto. Ca fait très mauvais genre. Les câlins à finalité autre que sexuelle. Je divaguais un peu. La discussion entrecoupée de baisers devant le navet torticolique de Norah Jones. L’après-midi où on n’a pas fait que s’envoyer en l’air. Où tu m’as aussi chanté les Beatles et Eminem. Les balades nature. Là, j’aurais peut-être dû éviter de te regarder avec béatitude et t’inviter virilement à une pause baise dans les excavations rocheuses. Je fais tout de travers, décidément. Pour ce qui est de ce silence qui te plombe de façon surréaliste, je n’y peux rien. Je suis peut-être une dépravée, qui ne pense qu’à se faire défoncer partout et par tout ce qui bouge, mais je suis curieusement calme, d’une scandaleuse sérénité quand je suis… heureuse.
Je crois qu’il est temps pour moi de disparaître. Véhiculer autant de “belles” pensées dans l’esprit de quelqu’un qu’on a le malheur de vénérer, tant il nous est cher, tant sa compagnie nous est précieuse. C’est insupportable.
Une (ex-)amoureuse
Errata à 10:09 le 27-03-2008 : “Y a pas de rupture ! Et je ne suis pas une ex-amoureuse, je suis plus amoureuse que jamais”, dit-elle.
33 commentsMes condoléances à la famille de Thierry Gilardi
Je viens d’apprendre la malheureuse nouvelle. J’appréciais ses interventions sur Canal+, puis TF1.
Il était passionné. Rares sont ceux qui ont cette vertu. Paix à son âme.
Y a des nouvelles qui attristent, et nous rappelle égoïstement à notre propre condition.
Je partage avec vous ma première pensée en apprenant le décès de Thierry Gilardi des suites d’une crise cardiaque, à l’âge de 48 ans :
Magnanime Diomède, pourquoi me demandes-tu quelle est mon origine ? La naissance des hommes est comme celles des feuilles. Le vent répand les feuilles sur la terre ; mais la forêt féconde en produit de nouvelles, et la saison du printemps revient chaque année.
Homère - L’Iliade – Chant IV, page 134 de la traduction de Eugène Bareste
2 commentsJ’ai une copine de toilettes
A chaque fois, on se croise.
Comme si le Destin nous donne un rendez-vous.
Quand je ne la croise pas en rentrant, je la croise en sortant.
Comment dire … Ca crée une complicité.
On n’est pas encore au partage des brosses à dents, mais on a parcouru du chemin sur la route du vivre ensemble.
Prochaine étape : La pause déj.
Si notre Amour naissant survit à cette terrible épreuve du repas du midi, il survivra à tout !
Bon appétit.
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