Un bouquet d’amitié et de paix pour la gentille blogueuse : une marocaine
Elle se fait forcement peur. Surtout si elle n’a pas une épargne à protéger.
Je tiens à partager avec vous un commentaire d’une blogueuse marocaine sur la crise économique américaine :
« Les nouvelles que j’entends concernant cette crise me font de plus en plus froid dans le dois. Ca va en s’aggravant.
Depuis une semaine que je voulais écrire dessus il faudra que je m’y mette.
On a laissé trop faire des irresponsables et mt le contribuable devra payer les pots cassés. On marche sur la tête.»
Cette blogueuse marocaine a l’immense créativité de s’appeler « une marocaine » !
Vivement qu’elle écrive que ce cauchemar prenne fin !
Pour ma part, je ne marche pas. Je m’amuse du spectacle.
PS : Et vous ? Avez-vous peur ? :D
Ceci est une gentille abeille qui produit du miel
L’Amour, ce mal qui range la curiosité et anéantit toute volonté de puissance.
L’Amour, cet opium qui nous enchaîne à l’acquis.
L’Amour, ce goût mielleux qui abime tout et frappe d’insipidité toute éventuelle découverte.
7didane comatiquement dans la lune, ou lunatique
L’affirmation du titre n’est pas de moi. C’est, parait-il, l’affirmation de Mourad Layachi, le conseiller économique de l’ambassade du Maroc aux Etats-Unis relayée par le journal très respectable, du moins autant que L’Economiste, Le Matin (ici l’article, et je l’ai su ici).
Dans cet article, Imane Berradi, même pas froid aux yeux mais forcement très faim du bulbe entreprend la mission d’expliquer aux américains l’ business.
« Ya ayoha lladina tjarnalou(1), afala tataqacharoun ! », sadaqa 7didane l7akim.
Le conseiller stoune du Maroc, argumente (selon Imane) : « Le gain est aussi important en sous-traitant au Maroc et ce n’est pas une coïncidence si des firmes de la taille de Dell, Cap Gemini ou autres ont choisi d’y installer leurs principaux centres mondiaux de traitement. »
Traitement de quoi ? dis-je pensif la main sous le menton.
Centres mondiaux ga3 ! dis-je impressionné par cette mondialisation galopante que le Maroc sait apprivoiser.
Si en Inde les centres « mondiaux » de Mumbai tournent à coup de 25000 ingénieurs le centre, combien y a-t-il à Dell ou Cap Gemini ?
200, 300, 2000 ? Tous des bac+5 ?
Si on donne 300 à Cap Gemini, combien aura-t-on cannibalisé à Atos Origin ?
Mais non !
Si nous n’arrivons pas à suivre Mr Mourad, le super conseiller économique du Maroc, c’est que nous raisonnons sur un plan purement euclidien et nous nous basons sur les principes fondamentaux du bon sens économique.
Elevons-nous, ou baissons-nous (dans l’espace Mouradien l’orientation n’est plus ce que vous pensez) à son niveau !
Mourad Layachi est l’inventeur de la méthode d’organisation : RS-JIT (Rasengan Shuriken Just In Time). Une forme évoluée quantique du Just-In-Time de la doctrine Toyotisme.
Principe secret développé dans la zawiya Layachiya, quand le sage Mourad méditait derrière les cascades divines, il multiplie l’ambition de 10000 ingénieurs à l’horizon 20XX avec un turn-over de quelques milliers de ressources actuels : ce qui crée chez l’ennemi l’illusion démoniaque de la « main-d’œuvre multilinguistique, qualifiée et abondante, ainsi que le savoir-faire technique et l’infrastructure nécessaires ».
Mode d’emploi :
Les ressources limitées actuelles tournent dans un cercle parfait entre les différents concurrents.
Motivées par l’augmentation de salaire, leurs vitesses de démission s’élèvera exponentiellement jusqu’à créer le Cercle Vide (abrégé chez les adeptes : CV).
Une fois le CV atteint, le duel matière-énergie s’écroulera sur sa propre onde provoquant un trou rose qui courbe le temps et confond le présent avec l’horizon. Cette distorsion des notions, fait apparaitre les 10000 ingénieurs centrés au milieu du CV parfait.
Rasengan Shuriken(2) Just In Time illustré par le Clone Jutsu du Naruto
(1) mine tajarnal, yatajarnalou, journalane : aye loffa bi wara9i journolani (papier de journal)
(2) Copyrights Naruto
PS : Selon l’article, «M. Layachi a enfin cité le niveau élevé de la protection de la propriété intellectuelle».
Je suis heureux du dénouement de l’affaire. Même si les organismes à but dépressif spécialisés en critiques ne le diront jamais assez.
Heureux que son emprisonnement à tort ne vienne pas réconforter les thèses les plus noires sur l’état de la liberté d’expression au Maroc.
Mohamed Erraji, premier blogueur à subir les foudres des autorités marocaines, a été acquitté en appel après abandonnant des charges retenues contre lui.
Est-ce que sa libération est un nouveau signal des autorités envers la jeunesse marocaine qui s’exprime sur internet, ou une erreur (une exception) qui ne peut faire jurisprudence ?
Si beaucoup ont tiré la sonnette d’alarme sur le dangereux précédent que pouvait constituer l’emprisonnement de ce blogueur, est-ce que sa libération peut constituer une jurisprudence ?
Le verre de la liberté d’expression est-il plein ou vide ? Ou faut-il analyser au cas par cas ?
Une chose est sûre, la liberté d’expression n’est pas encore un droit acquis à tous les marocains. Beaucoup de facteurs changent les appréciations des autorités.
Ainsi, un citoyen s’exprimant en arabe risque plus qu’un autre s’exprimant en français. Tant dis que les anglophones ne risquent presque rien. Les journalistes audiovisuels risquent plus que leurs homologues de la presse écrite, et les blogueurs ne risquent presque rien.
La liberté d’expression est fortement liée à l’audience locale de celui qui l’utilise.
Ce qui semble se dégager de ce constat est que les autorités ne craignent pas tant la diffusion des opinions parmi les citoyens instruits ou à l’étranger, mais sont plus motivées par le maintien de l’ordre d’une population qui peut se lever pour un baiser dans un feuilleton arabe et finir la manifestation avec le drapeau américain brulé et tous les bus renversés.
Personne ne nous censure quand on fusil la corruption qui gangrène l’état, personne ne s’oppose à des diagnostiques de l’état calamiteux de l’éducation nationale, personne ne refuse les alternatives pour redonner confiance aux marocains. Mais pitié épargner-nous le syndrome « le Roi fait du jetski et le peuple meurt de faim ». A part que ça remplit certains démunis de haine et les tue à petit feu, ça n’améliore rien dans ce pays.
Manifestez comme vous voulez, mais pitié restez éloigner des souks !



