[Ce] mouvement nationaliste qui s’adresse à tous les Arabes, de toutes les religions et de toutes les sectes, sanctifie la liberté de croyance et considère avec un égal respect et la même estime toutes les religions. Mais il reconnaît à l’islam un aspect nationaliste qui a joué un rôle essentiel dans la formation de la nation arabe et de son histoire. Le [] estime que cet aspect est intimement lié à l’héritage spirituel des Arabes et au caractère spécifique de leur génie. Le [] est le premier mouvement qui ait rendu clair ce lien, et qui lui ait donné son expression définitive. Ainsi put-il résoudre une crise fort ancienne et épargner au nationalisme arabe deux conceptions déviationnistes : un nationalisme abstrait entraînant pour elle l’appauvrissement et des vues superficielles, et un nationalisme purement religieux, qui la voue aux contradictions et à la stérilité. (…)
Imaginons les premiers musulmans (ceux du temps du Prophète Mohammed), qui connurent le combat au nom des principes et qui surmontèrent toutes les difficultés au nom de ces principes. (…) S’ils revenaient parmi nous, qu’est-ce qui leur paraîtrait juste et qu’est-ce qui leur inspirerait confiance ? Où se sentiraient-ils chez eux ? Serait-ce du côté de l’injustice sociale, parmi les hommes riches et distingués de notre société, parmi les exploiteurs du peuple qui dorment paisiblement tandis que 90 % de notre peuple vit dans la misère ? (…) Vivraient-ils avec ceux qui soutiennent cette classe, parfois même au nom de la religion ? Je suis persuadé que, si les premiers musulmans revenaient parmi nous, ils ne trouveraient la vie supportable que dans les villages sombres et misérables, parmi les opprimés, parmi les combattants qui sont dans les prisons, parce que ceux qui défendent la justice ne peuvent se placer que du côté de la justice…

Qui a écrit ce texte ?
Il s’appelle Michel, chrétien qui a étudié à la Sorbonne fin des années 20 du siècle dernier. Il s’est intéressé entre autres à Marx, Lénin et Nietzsche. Il devient par la suite fondateur du parti Baas : Michel Aflak, fer de lance du nationalisme arabe d’après la deuxième guerre mondiale.
Le parti avait une tendance socialiste mais non marxiste, laïque mais imprégnée d’islam. Un équilibre que les Occidentaux ont réussi a sapé avec le renfort des islamistes.
Je vous propose un article de Hicham Ben Abdallah El Alaoui qui date d’aout dernier : Retour vers le futur dans le monde arabe.
Il en va sans dire que je le trouve un petit chwiya optimiste. Mais je trouve la construction logique cohérente et permet de présager d’un demain meilleur dans la région. Déjà ça de pris.
J’en profite pour donner ma vision du salafisme. Vite fait, mal fait, comme je vous ai habitué dernièrement.
Comme je l’ai précisé à maintes reprises sur ce blog, ne pas traduire en français un mot et garder l’équivalent arabe est régulièrement utilisé pour attiser les peurs de l’Inconnu. Par quel mot donc substituer « salafisme » sans trahir la traduction ?
J’éviterai le poids d’un mot marketing comme « Renaissance ». Et j’opterai davantage pour « Retour aux sources ».
La Renaissance était donc un retour (salafisme) aux sources grecques. L’Europe a remis en cause la modernité apportée par le christianisme et a puisé dans la culture des Anciens un Nouveau sens à leur existence.
Le retour aux sources n’est donc pas une valeur négative en soi. Et il ne peut être considérer comme une régression s’il s’avère une inspiration de renouveau.
Les Occidentaux, en stigmatisant le retour aux sources dans la culture musulmane, nous privent d’une inspiration intarissable. Ils ne sont motivés dans leurs démarche que par la volonté d’effacer la diversité et de faire fondre les racines d’une culture musulmane new-age dans leurs cultures occidentales diverses.
Maintenant que j’ai levé la suspicion sur le « retour aux sources », le débat au Maroc ne doit plus s’articuler entre pour ou contre le retour aux sources. Mais plutôt vers quelles sources. Le débat est ainsi plus riche, plus vaste et plus fécond. Et surtout à armes égales.
Les Occidentaux, quand ils ont fait leur Renaissance (salafisme), ils n’ont pas renié toute la modernité chrétienne, ni copié tout l’héritage grecque. En l’occurrence, les quelques uns qui se sont essayés à la jellaba blanche et sandales à la athénienne dans les rues de Rome ou Paris ont vite abandonné et se sont concentrés sur l’art pictural gréco-romain et philosophies traduites dans les bibliothèques andalouses et ottomanes.
C’est un salafisme équivalent qu’il nous faut. Un retour régénérateur aux sources. Osons le dire : une sélection des sources.
Comme vous oserez combattre les termes aux occidentaux tendancieux, osez combattre votre culture à vos religieux obscurantistes.
Et pour se faire, une relecture académique, courageuse et plurielle de notre Histoire s’impose à nous. Une relecture qui torpillera les certitudes de chacun de nous et remettra en cause nos valeurs actuelles.
7didane salafiste quand il le faut.
