Jan 28

bonnet-d-ane

Quand j’étais encore étudiant, j’étais ravi d’être toujours dans le peloton d’excellence. Depuis le primaire, et sur une classe de 30 élèves, on était au plus 5 à se distinguer, quand c’est moins.
Mais mon jeune âge et mon expérience quasi nulle ne m’ont pas permis de remarquer qu’il ne sert à rien d’être parmi les 5 premiers quand de toute façon tu prendras les 25 autres en plein figure sur le marché de l’emploi : Ils sont malheureusement mes collaborateurs et clients !

Un mois après le début de mon expérience professionnelle au Maroc, voici quelques remarques qui ne concernent que mon expérience :

Incompétence : c’est la première remarque qui saute aux yeux. Ce qui contraste avec la conviction populaire en un génie marocain. Les gens sont convaincus que le Marocain est intelligent à l’échelle individuelle, mais sous prétextes exogènes les Marocains deviennent sous-développés à l’échelle de la société.

Pour utiliser une projection que j’affectionne ces dernières semaines à cause de l’enfer de la circulation casablancais, le Marocain est convaincu qu’il est un excellent conducteur et que grâce à son intelligence le nombre d’accident est inférieur à ce qu’il doit être.

A Monsieur l’intelligent, ou comme il faut appeler un chat un chat, Fhamator, l’intelligence sur la route ne consiste pas de deviner le prochain mouvement de l’autre. Exemple, le connard qui ne fait pas son Stop car il croit deviner qu’il peut te griller la priorité sans toucher le devant de ta voiture.
L’intelligence sur la route consiste à conduire de telle sorte que les autres devinent mon prochain mouvement.
Le conducteur Marocain ne sait tout simplement pas conduire.

Malhonnêteté : le Marocain ment quand il dit qu’il a fait ce qu’il a à faire. Ceci est la règle d’or qu’il faut suivre si tu veux que ton boulot soit fait. Il ne faut jamais demander si le mec a bien terminé la tâche pour laquelle tu le paies, car il répondra toujours oui. Au contraire, il faut l’infantiliser et lui demander ce qu’il a déjà fait.

Agressivité et violence : corolaires directe de l’incompétence et de la malhonnêteté. Quand tu es incompétent, l’agressivité est ton seul argument pour avancer les choses. Tu ne dialogues pas, tu n’argumentes pas, tu CRIES. Comme un môme qui veut introduire un triangle dans un cercle, il CRIE. Et quand la maitresse est de surcroit incompétente, ça crée du vacarme.

A force de devoir expliquer ton plan d’architecte à la main d’œuvre de génie (A ssani3 Al maghribi) et que tu vois le chantier s’enlisé, tu finis par craquer et lui lancer : ara hadik lmalassa o ghbar men 9odami !

Mon bilan de ce premier mois est désastreux. Mais peut-être incomplet.

Dois-je tenter un autre mois ? J’y pense.

En tout cas, la vie professionnelle au Maroc n’est pas ma première motivation pour rester. Heureusement qu’il y a la vie sociale … avec ses nombreux travers aussi !

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