Mar 21

Nous vivons une belle et exceptionnelle époque.

Une époque où le vénérable 7didane se fait vieux et humble.

Une époque où la subversion de 7didane est ridiculisée par l’audace des jeunes révolutionnaires non masqués.

Une époque où un mouvement se constitue avec comme seul objectif l’amour du Roi.

Et comme vous auriez remarqué, par les temps qui courent, il m’est difficile de charrier la bêtise du Marocain. Alors il ne me reste plus que ce dernier bastion de la connerie humaine sur qui je peux me défouler.

Le mouvement du 9 mars.

Un mouvement, d’oracles hautains, qui croit parler au nom du Sacré.

Un mouvement, de naïfs hors la loi, qui confisque une de nos valeurs sacrées comme des Adlistes confisquants Allah.

Un mouvement, de débiles lèche-bottes, qui exprime l’amour pour un monarque en criant haut et fort combien est pourrie sa constitution actuelle.

Parce qu’à voir plus clair, à trop encenser la promesse d’un demain meilleur, les yeux s’ouvrent sur les échecs du présent.

Pourquoi s’acharner à opposer le discours du Roi aux jeunes du 20 février, ou du moins s’efforcer à les décorréler ?

C’est aussi cela la métamorphose du Maroc. Des corps réactionnaires pétrifiés qui sentent les fragrances pestilentielles des engrais fertilisant nos débats naissants.

Le Mouvement 20 février avance tranquille avec la force d’une vague de tsunami nettoyant tout sur son passage.

Ne lâchez rien !

Soutenez votre Roi dans sa promesse de changement. Un changement qui a un coût que ceux qui ont les moyens de l’avorter doivent payer.

Pourquoi s’acharner à opposer vos revendications à ceux du Roi ? Vous gagnerez à vous appropriez le discours, à le contenir, et à achever avec les réactionnaires.

Le discours du 9 mars est le seuil de vos revendications, le socle garanti par le Protecteur de la nation. Le plafond ne dépend que de votre imagination.

PS : mon titre est un hommage aux grandes écoles que sont la MAP, SNRT, Le Matin, Al Massae & Co.

Mar 14

Certains parlent de tremblement de terre, d’autres, plus mesurés, l’appellent une secousse.
Ce ne fut que le battement d’ailes d’une poignée de jeunes qui a retenti en toute une nation.

Chacun de nous sait désormais au plus profond de lui-même s’il est communiste.
Chacun de nous sait désormais au plus profond de lui-même s’il est socialiste.
Chacun de nous sait désormais au plus profond de lui-même s’il est libéral.
Chacun de nous sait désormais au plus profond de lui-même s’il ne jure que par la religion.
Chacun de nous sait désormais au plus profond de lui-même s’il ne croit en le pragmatisme.

Chacun de nous sait désormais au plus profond de lui-même s’il est un fils de pute né.

Un battement d’ailes qui a soufflé un air de modernité, et a révélé l’authenticité de chacun, mieux que ceux qui étaient mandatés pour le faire.

Mieux que polariser le champ politique marocain, nos jeunes du 20 février l’ont pollinisé, et fertilisé la scène culturelle.

Dans un pays où la politique se décide par le FMI et la BM,
Dans un pays où il vaut mieux être ambassadeur de Paris ou Washington que ministre du Maroc,
Dans un pays où le débat n’est pas de savoir où allons-nous,
Dans ce pays, le choix est la vitesse pour rattraper nos retards.

Entre la minorité convaincue que nous ne pouvons avancer plus vite, chantres du statu quo et la monarchie absolue comme seul idéal, et entre la minorité convaincue que nous pouvons accélérer la cadence et évoluer vers la monarchie parlementaire, je sais désormais au plus profond de moi-même que je suis avec la deuxième minorité.

La majorité ne sait pas bouha bach ma3jouna, et s’alignent et s’aligneront sur le système en place. Ignorez-les ! Et soyez indulgents. Fa kolo 9obbine bima fihi yabzi9o.

Résistez les jeunes !

Mar 10

L’intérêt de publier des conneries comme j’ai fait dans le billet précédent, c’est de placer un pied dans chaque camp et ne figer l’interprétation qu’une fois le vainqueur est désigné.

Car à lire de près, j’étais avec tout le monde, donc avec personne.

Normal, je fais partie de la classe moyenne marocaine. Et jusqu’à preuve du contraire, je ne peux être qu’un putain de lâche faux cul qui ne voit pas plus loin que l’échéance du crédit de son appart.

Je vous l’avais dit, je peux m’exclamer.
Sa Majesté a fait un discours HISTORIQUE comme j’espérais, je peux répéter avec vous.
J’en avais l’intime conviction, je peux même oser déclarer.

La vérité ? Je n’y croyais pas.

La vérité ? Je n’y croyais plus.

La vérité ? J’avais la trouille du chaos.

La vérité ? J’étais agrippé à mon siège comme le plus minable des matelots, ni Capitaine, ni rebelle.

La vérité ? Je suis un sale khoubzi.

La vérité ? Je haie le mec que je contemple dans le miroir tendu par les jeunes du 20 février.

La vérité ? Je ne vous l’avais pas dit.

Je suis spectateur du changement, et mon seul crédit c’est d’avoir les moyens intellectuels, et le manque de conviction, nécessaires pour voguer et changer de cap les moments voulus.

Lâchement votre,

7didane

Mar 2

Je me suis trompé.

L’événement est si exceptionnel que je devais redescendre vous l’apprendre. Oui, je me trompais.

Je vous expliquais qu’une monarchie absolue était le système qui s’adapte le mieux au peuple marocain.

Je vous expliquais que l’arithmétique de la majorité ne peut s’appliquer dans une société aussi analphabète, pourrie et obscurantiste que la nôtre.

Je me suis trompé. Et je suis revenu le confesser.

Je confondais la Foule avec le Peuple.
Je confondais la démocratie avec la dictature de la majorité.
Je confondais un élu du Peuple avec un haut fonctionnaire.

Je me suis trompé. Et je suis venu apprendre du Peuple.

Mais hélas, ceci ne s’apprend pas. Ceci ne se transmet pas. Ceci est une exception qui s’est reproduite deux fois : Tunisie et Egypte. Et ceci est la vraie et seule Exception. Une magie. Une fusion.

La métamorphose d’une foule en Peuple. La naissance d’une démocratie.

Et je prends le pari. Le Pari du Peuple. L’espoir des Partis. La confiance en Sa Majesté. Et le risque d’une température de fusion qui fait tout emporter.

Aux jeunes du 20 Février, qui ont fait résonner en moi un triste cri de «La9ad Harimna», je vous dis : Le Peuple peut-être une minorité qui tient dans un boulevard ou une place de la Cité. Résistez !

Pour le projet d’une monarchie parlementaire où mon Roi est sacré.