
Tout ce que j’ai pu trouver comme photo « sage » sur le web.
Alors soyez sage !
Et remontez votre moral lay msakhkom !
Et les traders, ces fameux mafioso que les médias nous présentent en bouc-émissaires, qu’est-ce qu’ils en pensent de la crise ?
Ci-dessous un échenillant.
* Un moment historique, par Philippe Moustaki
Bien que les perspectives s’assombrissent pour nos métiers, on a l’impression de vivre de l’intérieur un moment historique. Tous les mécanismes classiques, les comportements “normaux” du marché sont chamboulés ; on ne peut plus se fier à aucun signe. Mais c’est parfois l’occasion de gagner de l’argent. Ce n’est pas parce que les Bourses plongent que tous les traders dans les banques perdent de l’argent. Certaines salles de marchés s’en sortent au contraire plutôt très bien en tirant partie de ces mouvements erratiques. Mais l’ambiance générale n’est pas au beau fixe, les médias amplifiant largement le climat presque de terreur qui s’installe jusque dans les salles de marché.
* Une révolution financière, par Franck Pradier
Trader depuis 2001, ces moments représentent pour moi un tournant de l’histoire au-delà de ces journées incertaines qui ont commencé dès décembre 2007 avec l’incroyable explosion des matières premières. Si le comportement des prix signifie souvent quelque chose, dans le court terme, on comprend que de nombreuses banques vont fusionner ou se faire racheter (Dexia, RBS, Natixis, Morgan Stanley, Bank of NY, Commerzbank, UBS… malgré le protectionisme économique européen), se lançant dans des programmes de licenciements d’envergure et de redéfinition de leurs activités. L’economie réeelle et industrielle va alors subir de pleins fouet ce premier choc (chômage de 8 % aux Etats-Unis, 9 % au Royaume-Uni, 11 % en France dans les deux ans) puis un second choc lié à la résurgence des cours des matières premières.
Dans ce contexte, on comprend toute la pertinence de l’analyse economique de Jim Rogers dans “Hot Commodities” ou il entrevoit le passage entre une domination américaine à la chinoise dans les dix prochaines années. Si les cinq derniers débuts de siecles ont connu une guerre de grande importance pour redistribuer les cartes politiques et économiques, notre siècle sera-t-il épargné ? Pour les financiers, la donne va changer : des bonus nettement moins appétissants et maintenant en actions, moins de postes, moins de fun. Cela va favoriser l’entreprenariat.
* Passionnant, par Christophe Ange
Nous, traders, nous sommes au summum de l’adrénaline, ce qui est notre moteur. Ce qui est nouveau, c’est que toutes les règles volent en éclat : il faut revoir toutes nos stratégies. Hier, deux résistances majeures ont volé en éclat, mettant à mal de nombreuses stratégies boursières. Bien entendu, tout cela est perturbant : nous ne faisons plus norte métier tranquilement, mais ceux – dont je faisais partie – qui riaient d’une défaillance complète de notre système ne rient plus : cela devient plus que possible ; voire probable. Est-ce une catastrophe ? Oui sans doute pour mon métier, mais cela est terriblement sain, tant nous vivons dans nos salles des marchés des situations complètement déconnectées d’une réalité de plus en plus pesante.
Le monde ira-t-il mieux après ? Je ne peux que l’espérer, même s’il va sans doute me falloir chercher un autre job. Je suis désolé pour ceux pour qui les écrans sont la seules perspectives, mais en tant que joueur, je trouve cela intéressant que les règles soient ainsi remises sur le tapis. Cependant, avant de s’en prendre aux traders, il faut voir que le système global était contraignant. Il était impossible, sans perdre son job, de garder une quelconque éthique et de garder un quelconque sens des réalités. Je ne dis pas cela pour m’exhonérer, mais plus pour renvoyer les responsabilités à ceux qui les ont réellement, les hommes politiques en premier. Relisez le programme électoral de notre président, il voulait faire comme les Etats Unis. Je me suis acheté un manuel de jardinnage, cela peut servir…
* Témoignage, par Samuel Gaston
L’impression générale est que nous sommes entrés dans un grand chaos, une sorte de fin d’époque et que plus rien ne sera jamais comme avant. Les bureaux se vident, les visages sont livides et prennent des rides. Toute action est un bide. La grande machine à faire de l’argent s’est grippée. Les modèles ne marchent plus, chaque semaine de nouvelles pertes sont découvertes plombant chaque fois un peu plus les banques survivantes…
* Plutot confortablement, par Fte
Je suis trader independant et ce que l’on appelle un “scalpeur”. En gros, je joue sur la volatilité des marchés et sur des micro-mouvements. Donc la journée de lundi, comme un grand nombre des dernières journées, a été très fructueuse. Surtout que les produits financiers sur lesquels je travaille autorisent autant les ventes que les achats. Cette crise est donc pour moi plutôt une excellente opportunité mais je sais que je représente une petite minorité. Beaucoup d’amis, restés en salle dans les banques, souffrent pas mal – surtout du manque de liquidité des marchés interbancaires mais également du manque de visibilité sur l’avenir de leur maison. D’ailleurs beaucoup ont déjà commencé a refaire leur CV…
* Prédictibilité relativement préservée dans ce marché chaotique, par Simplet
La première remarque serait que les marchés surprennent par la violence de leurs mouvements et sont donc éreintants. La volatilité impose de passer à des échelles de temps très rapides en marge, voire au dehors de la “zone de confort” à laquelle on est habitués. En revanche, il n’y a pas de réelle surprise sur la direction de ces mouvements. Les outils d’analyses mathématiques fonctionnent donc toujours aussi bien. On ressent toutefois le besoin impérieux de confirmer tous les indicateurs sur toutes les échelles de temps, ce qui est très particulier à cette crise, mais une fois encore, à laquelle nous nous sommes pour la plupart adaptés depuis un an déjà.