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Pour Uribe, c’est un cadeau à son hôte de la veille que de libérer les 3 américains
Les américains ont œuvré depuis 5ans en silence, loin des gesticulations clownesques des va-et-viens des avions français, pour libérer leurs otages … et en plus, ils l’a ferment eux !
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Il serait peut-être exagéré d’affirmer qu’Ingrid Betancourt doit la liberté à John McCain, mais c’est en partie le cas. Otage six années durant d’un groupe de guérilla, les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), qui avaient compris que la mobilisation internationale avait fait d’elle une de leurs cartes maîtresses dans leur lutte pour affaiblir le gouvernement colombien, Ingrid Betancourt était aussi devenue indirectement un des pions - sans doute pas le plus important, contrairement à l’image qu’on en a en France - de la bataille pour la Maison-Blanche.
Le candidat républicain, John McCain, a bien évidemment nié tout rôle dans la libération des otages. Et on peut imaginer que c’est pure coïncidence qu’il ait soudain annoncé qu’il allait se rendre en Colombie, avec un stop-over au Mexique sur le chemin du retour, il y a deux semaines. Ce voyage avait semé la consternation dans les rangs républicains, et intrigué au plus haut point les médias. Que diable le sénateur de l’Arizona allait-il faire en Amérique latine alors que les électeurs ne se préoccupent que de la récession, du prix de l’essence à la pompe et, pour ceux peu nombreux qui pensent à la politique étrangère, de la guerre en Irak et du risque de guerre avec l’Iran ?
Mardi soir, McCain était pourtant à Carthagène à la Case de Huespedes Ilustres, avec le président colombien Alvaro Uribe, et son ministre de la Défense. Ceux-ci lui ont, a-t-il reconnu, détaillé l’opération que le commando de l’armée colombienne allait lancer le lendemain pour libérer Ingrid Betancourt et, surtout, les trois citoyens américains otages des Farc depuis 2003. Lors de la conférence de presse qui avait suivi, puis de nouveau mercredi avant de repartir, et alors que l’opération était en cours, McCain avait félicité Uribe pour ses succès dans sa lutte contre les Farc et il avait appelé à poursuivre les efforts pour la libération des trois otages américains.
Les services secrets américains impliqués dans la libération de Betancourt
En réalité, a-t-on appris jeudi à Washington, les services secrets des États-Unis étaient très directement et fortement impliqués dans toute l’opération. L’ambassadeur William Brownfield et l’amiral James Stavridis, commandant des forces américaines dans la région, “ont directement et de manière très étroite participé à la planification” de la libération des otages, a reconnu l’ambassadeur mercredi soir sur CNN. Le président Bush a été tenu informé tout du long, en particulier dans la phase finale qui durait depuis deux semaines, ont révélé de hauts responsables américains cités jeudi par le New York Times. Il est donc loin d’être impensable que la Maison-Blanche ait signalé l’imminence de l’opération à McCain, lui permettant d’être au bon endroit au bon moment.
Comme l’a expliqué le porte-parole de la Maison-Blanche, les services américains “travaillaient avec [les Colombiens] depuis cinq ans, depuis la capture des otages, pour les libérer”. Les trois hommes, employés de la société de défense Northrop-Grumman, avaient été capturés par la guérilla quand leur appareil de surveillance avait été contraint à un atterrissage forcé par une panne mécanique. Plusieurs sociétés privées américaines paramilitaires opèrent ainsi en Colombie dans le cadre de la lutte contre la drogue et la guérilla. Les États-Unis ont plus d’un millier de conseillers militaires sur le terrain, mais ils ne sont que la partie émergée de la présence militaire américaine, et du soutien apporté par Washington à Bogota, le “Plan Colombie”, lancé en 2000, dans le cadre duquel les États-Unis ont fourni plus de quatre milliards de dollars d’assistance à la lutte antiguérilla et à la lutte contre le trafic de cocaïne.
Selon des sources des services de renseignement à Washington, les Américains avaient repéré depuis plusieurs mois déjà les trois otages américains. Ils ont surtout intercepté, grâce à leurs écoutes électroniques, les communications au sein de la direction des Farc, et entre celle-ci et le chef de la guérilla qui détenait les otages, Gerardo Antonio Aguilar Ramirez, alias “Cesar”, qui communiquait à partir de la ville de Villavicencia. Les services américains ont fourni à l’armée colombienne les images satellitaires, les écoutes électroniques et une “assistance technique” d’une nature non précisée qui ont rendu possible l’action audacieuse et sans bavures du commando colombien qui a libéré Ingrid et ses quatorze compagnons, dont les trois Américains. Ceux-ci ont été directement rapatriés aux États-Unis.
McCain peut se présenter comme ayant l’étoffe d’un homme d’État expérimenté
Pour George W.Bush, et par ricochet pour John McCain, cette libération est tout aussi bienvenue que pour Alvaro Uribe - et que pour les otages eux-mêmes bien entendu. Le président américain se bagarre depuis quelques mois pour faire adopter par le Congrès un traité commercial de libéralisation des échanges avec la Colombie. La majorité démocrate s’y oppose, accusant le gouvernement Uribe de violations des droits de l’homme, de répression syndicale, mais aussi, jusqu’à mercredi, de n’avoir rien fait pour assurer la libération des otages, à commencer par les trois Américains détenus.
Le candidat démocrate à la présidence, Barack Obama, a pris position contre le traité et a repris dans sa campagne les accusations contre Uribe. McCain, au contraire, fait campagne en faveur du traité et a apporté son soutien à la politique de fermeté d’Uribe. Il accuse Obama de protectionnisme, mais aussi, implicitement, de mollesse face au terrorisme (les Farc ont été placées sur la liste des organisations terroristes du département d’État). Comme la France, Obama se disait en effet favorable à une négociation avec la guérilla, avec pour intermédiaire le très antiaméricain président du Venezuela, Hugo Chavez, et pour prix de la libération des otages la satisfaction des exigences des Farc.
Le succès spectaculaire de l’armée colombienne est donc une victoire politique incontestable pour la ligne dure et intransigeante suivie par Uribe, et soutenue par Bush et McCain. Une victoire politico-militaire contre les Farc paraît désormais à la portée de l’armée colombienne. Le retour d’Ingrid Betancourt et des trois otages américains ne peut en outre que renforcer les chances de faire adopter par le Congrès le traité de commerce, en améliorant l’image du président Uribe. Quant à John McCain, il peut se présenter, sans trop en rajouter, comme ayant l’étoffe d’un homme d’État expérimenté, accuser Barack Obama de naïveté sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme, et laisser penser qu’il est pour quelque chose dans le fait qu’Ingrid soit rentrée à Paris…
2 commentsLe jour de départ 27-06-2008

On peut être pour ou contre, mais tous d’accord il a laissé son empreinte sur le monde.
J’espère qu’il sera aussi inspiré avec sa fondation humanitaire.
Son interview réalisée par la rédaction News.com
l’heure de votre départ, quelles ont été vos priorités pendant toutes ces années ?
Bill Gates - Pendant 33 ans, j’ai travaillé pour Microsoft tous les jours et réfléchi à ce que nous devions entreprendre. Cela s’est traduit par une quantité incroyable d’e-mails envoyés, de réunions, de tests de produits. J’ai du mal à imaginer ce que sera mon quotidien, et celui de l’entreprise, une fois parti.
Tant que je suis encore dans les murs, je continue d’envoyer beaucoup d’e-mails et d’organiser des réunions. Ce qui va surtout changer pour les salariés (…), c’est qu’après le 1er juillet, je serai impliqué sur des points très spécifiques, mais plus du tout sur la stratégie d’ensemble.
À mon avis, il faut investir lourdement sur plusieurs projets, dont les tablettes PC ou la télé interactive, qui vont - mais j’ai déjà fait preuve dans le passé d’un excès d’optimisme - être les technologies de demain. J’ai envoyé beaucoup d’e-mails aux équipes qui travaillent dessus. Je l’aurai peut-être plutôt fait dans trois mois, mais je prends de l’avance en les encourageant. Comme vous le savez, tous les grands succès, que ce soit l’intégration d’Office ou Windows, demandent du temps pour s’imposer. Je suis allé voir l’équipe de Steven Sinofsky qui planche sur Windows 7, et j’ai été épaté par leurs avancées.
À quel moment Microsoft a-t-il commencé à sortir de l’ombre, si l’on excepte l’arrivée de votre premier OS DOS ?
Nous n’avons pas été connus avant les années 80. L’un des mes articles de presse favoris parlait, à l’époque, de quatre éditeurs de logiciels très similaires. Mais nous savions déjà, à ce moment-là, que les trois autres ne feraient pas long feu ; ils ne recrutaient pas les bonnes personnes, et n’avaient pas une vision globale.
Il s’agissait de nous, Ashton Tate, WordPerfect et Lotus. Il y avait de nombreux éditeurs de logiciels qui furent, à un moment donné, plus gros que nous. Notamment VisiCorp et MicroPro (éditeur de WordStar), puis WordPerfect, Lotus et Ashton Tate.
Mais nous étions tout simplement différents, dans la façon dont nous envisagions le logiciel et l’influence des processeurs, et dans la façon dont il fallait faire des affaires en Europe. Nous étions une entreprise parée pour durer. (…)
Puis seulement sept ans après, on apprenait dans un article « bidonné » publié dans InfoWorld que Microsoft avait annoncé qu’Ashton Tate n’avait jamais existé. On peut dire que le magazine était allé vraiment trop loin. Mais c’est avec cela que nous nous sommes faits connaître.
Nous avons connu de nombreuses péripéties. À un moment, nous avons envisagé un rapprochement avec Lotus, mais il y avait une différence de culture. C’est Jim Manzi (P-DG de Lotus, Ndlr) qui a coupé court à nos pourparlers, même si le projet de fusion n’aurait pas forcément abouti.
J’ai un souvenir plutôt amusant : IBM ne nous avait pas invités à assister au lancement du PC. Nous avions au départ été invité, mais ils ont ensuite changé d’avis. Nous, nous étions super heureux de l’invitation ; nous pensions que c’était une très bonne chose pour nous. Et quand ils nous ont dit, finalement, que nous n’étions plus invités, ce fut une grande déception. Cela n’a plus d’importance maintenant, mais à l’époque…
Fort de cette expérience, quels conseils donneriez-vous aujourd’hui au jeune entrepreneur que vous étiez, à 21 ans, lorsque vous avez créé Microsoft ?
Je pourrais toujours lui dire : « Pas besoin de travailler si dur, tu vas réussir. » Ou qu’il faudra un ensemble de compétences, et pas qu’en matière d’ingénierie. Mais à l’époque, être focalisé à l’extrême sur l’ingénierie n’était pas si stupide.
Aujourd’hui, pour une grande entreprise qui est plutôt axée sur des ingénieurs, je pourrais penser que ceux-ci n’ont pas à se former à d’autres sujets. S’ils sont très calés sur un domaine A, ils peuvent utiliser cette compétence pour un domaine B.
Des entreprises embauchent par exemple un bon scientifique, en se disant qu’il sera capable de se mettre à la programmation. Pendant son entretien d’embauche, on ne l’interroge que sur sa compétence majeure, en partant du principe que son intelligence lui permettra de se former à un autre domaine. C’est vrai, mais pas toujours. Quand il s’agit de personnels de direction et du management ou de gestion des ressources humaines, le pourcentage de personnes capables de se mettre à un autre domaine est étonnement faible.
C’est une des plus grandes surprises de ma carrière. Il y a des gens qui sont excellents dans un domaine, mais pas dans un autre alors que les principes, schémas et approches sont similaires.
Qu’est-ce qui surprendrait le plus aujourd’hui le Bill Gates de l’époque, qui affichait une grande ambition ?
Eh bien, nous voulions voir un PC sur chaque bureau et dans chaque foyer. J’avais évalué que seul un millier de développeurs seraient nécessaires pour écrire les logiciels que nous avions en projet. Si, à l’âge de 21 ans, j’avais pu voir nos bureaux actuels (ceux de Microsoft, Ndlr), je me serais sûrement demandé ce que font tous ces gens, et comment l’entreprise peut se permettre tout cet équipement, ces bureaux avec autant d’espace inutilisé. Beaucoup trop de salariés, et des coûts qui me dépassent. (…) En arrivant dans ce bureau (le sien, Ndlr), j’aurais demandé au Bill Gates d’aujourd’hui s’il relit toujours l’intégralité du code, car nos gars pouvaient produire du code vraiment médiocre. Comme cela fait 10 ans que je ne le fais plus car c’est devenu ingérable, il me demanderait comment je fais pour rester informé.
Ce qui me ferait clairement baver d’envie, ce sont les labos de recherche de Microsoft Research, où les équipes sont des visionnaires à temps plein, dédiant leurs journées à la reconnaissance vocale, aux techniques d’apprentissage automatique, aux tests logiciels. Aux débuts de Microsoft, nous n’avons pas pu enrichir la communauté de nos trouvailles, en échange de ce qu’elle nous avait donné. Nous sommes partis des travaux des universités et de Xerox, en les exploitant extrêmement bien, comme l’ont fait Apple et l’ensemble de l’industrie de l’ordinateur personnel.
Aujourd’hui, nous sommes vraiment importants. Les étudiants chercheurs qui sont passés par chez nous disposent, après leurs études, de l’expérience en recherche informatique la plus significative. Nous sommes considérés comme les meilleurs, et avons à notre actif la publication du plus grand nombre de mémoires de recherche.
Je serais donc impressionné par la masse de travail qui a été nécessaire pour parvenir à ce niveau et à un tel succès. Je serais partagé entre l’envie folle d’aller rejoindre ces équipes de recherche, et celle de me former au travail de directeur qui implique, entre autres, d’encourager les gens ou de les critiquer sur leur travail, en restant juste. En faisant un tel bond dans le futur, je me sentirais en rupture ; je me dirais que si je ne regarde plus le code, j’ai bien changé…. Ce serait vraiment troublant.
Vous avez dit qu’IBM reste un acteur important, mais n’a plus la place qu’il occupait autrefois. On lit un peu partout que Microsoft va connaître le même destin.
Un jour, on écrira que Microsoft a atteint des sommets, et ce sera vrai. Certains ont dit que nous ne comprenions rien aux OS pour serveurs, et que seul Sun Microsystems avec Unix maîtrisait le sujet. Je peux vous montrer les coupures de presse qui en parlent. Par contre, ces articles n’ont jamais eu de suites présentant la situation telle qu’elle est vraiment ; je ne comprends pas pourquoi. On a dit maintes fois que j’étais mort, mais jamais on ne m’a fait renaître de mes cendres…
Mais il est légitime, oui, chaque fois qu’une nouveauté apparaît dans l’industrie, de se demander si le leader sera suffisamment agile pour s’y mettre, en mariant cette nouveauté avec son domaine d’expertise. Ce leader devient une proie idéale pour les critiques.
Les gens tendent à sous-estimer le capital, la force d’un leader. Combien de fois a-t-on prédit que IBM s’en sortirait bien dans divers domaines ? Ce fut le cas et pendant longtemps.
Nous sommes spécialistes des logiciels. Que ce soit pour les téléphones, les téléviseurs ou les jeux vidéo, c’est le même domaine. Nous avons toujours créé des logiciels pour différents appareils.
Google est un rival de taille, et le public attend de voir si quelqu’un peut le défier. Le monde s’en portera mieux si cela arrive, et je crois qu’une seule entreprise a encore aujourd’hui l’envergure et l’expérience nécessaires pour vraiment donner du fil à retordre à Google.
Quel est le plus grand défi ? Google, à cause de son ambition et de ses forces, ou les changements économiques induits par les moteurs de recherche, la publicité et les logiciels ?
L’économie n’a pas changé. Celle du monde du logiciel reste très simple. Pour être profitable, il faut gérer ses affaires plus efficacement. On a vu que les OS et logiciels de productivité ne sont pas motivés par la publicité. Le secteur du « online » modifie un peu la façon dont les e-mails sont livrés ou le collaboratif… Mais nous avons réussi à offrir tout cela en mode déconnecté, et nous avons un projet génial de cloud computing que pilote Ray (Ozzie). Les changements économiques n’ont donc pas trop d’influence.
Travailler pour le grand public n’a jamais été une source d’importants revenus, mais c’est la clé pour faire parler de soi.
C’est presque pareil pour la dynamique professionnelle, et la somme que l’on peut économiser - si l’on raisonne en terme d’impact -, en dotant un salarié d’indicateurs électroniques pour qu’il puisse suivre les évolutions des ventes et déterminer quel produit il faut acheter, comment mieux travailler avec un collègue dans un autre pays… C’est là que le logiciel aura un énorme impact dans les dix prochaines années, et pas au niveau de la publicité qui clignote sur le côté gauche de votre écran.
Les innovations se situeront du côté de l’interface utilisateur, du data mining. Aider Office à passer au niveau supérieur aura bien plus d’impact que tout ce qui est lié à la publicité contextuelle aux requêtes. Et Microsoft, heureusement, est présent sur ces deux terrains.
Avez-vous été soulagé ou déçu par l’échec du rachat de Yahoo ?
J’ai eu la chance d’aider Steve (Ballmer) sur ce projet. Il est à l’aise avec l’offre qu’il a faite - enthousiaste, raisonnable et arrivant au bon moment ; il aurait été très content si elle avait été acceptée dans les délais et avec enthousiasme (…). Ils ne l’ont pas fait, et nous sommes très contents d’avoir campé sur nos positions.
Je ne comprends donc pas pourquoi l’opinion publique a pensé que c’était un vrai revers pour nous. Nous avons fait une proposition, en leur laissant complètement le choix (…). La justesse et la pertinence de notre offre les regarde, eux et leurs actionnaires. Nous savons que, dans le délai de réflexion qui leur était imparti, ils ne nous ont pas donné de réponse satisfaisante.
Notre stratégie, d’être autonomes, est bonne. Cela prend plus de temps pour prendre de l’envergure dans le domaine de la publicité et en terme de part d’utilisateurs finaux, mais tout repose sur l’innovation. Impossible d’avoir une stratégie de cavalier seul ou une stratégie reposant sur des acquisitions si l’on ne dispose pas d’un moteur de recherche que le public considère comme supérieur.
On part avec quelque chose auquel le monde n’a pas encore à croire, mais auquel nous croyons, nous, à savoir que nous pouvons proposer une offre vraiment géniale et réellement compétitive. Si on a cela sans passer par une acquisition, c’est super. Après, cela prend juste plus longtemps pour gagner en envergure.
5 commentsCASA SUBWAY CREW - Du rêve aux Paradis
13
Simo a encore mal au dos, plus mal que d’habitude, très mal même. Il ne comprend pas, Platon est pourtant chez lui devant son plateau télé, alors il ferme les yeux.
-Musique paisiblement hallucinogène-
Au réveil, il trouve JS, Mouna et Nada debout à côté de lui devant une grande place où une pancarte indique le paradis. La réponse à tout ça, c’est Kurt Cubain, Bob Marley et Mokhtar.
La branche modérée du groupe rebelle planétaire, l’Internationale Nationaliste, a revendiqué un attentat commis boulevard d’Anfa à Casablanca, cet acte était d’après eux une revanche sur Mokhtar et l’émission Real Survivor qui aurait du avoir lieu dans la ville Marocaine. Mais annulée la veille par l’AMONU, agence média de l’ONU, pour cause de chaleur excessive sur la capitale du Royaume. Ce qui aux yeux des membres de l’IN, constitue une discrimination écologique contre le Maroc et sa spécificité.
Des fanatiques de l’IN n’ont pas manqué de protester contre la pollution de l’exception culturelle locale par diffusion excessive de culture non-nationale.
Platon se sent seul. Appelle Amina, elle ne répond pas. Amina fuit toute onde négative qui menace l’équilibre instable de son bonheur cynique.
Platon déteste les célibatantes. Platon se déteste.
Fin
6 commentsCASA SUBWAY CREW - Champions League & Napoléon
12
Au Subway, deux couples excités comme des enfants dans une crèche refont le monde avec enthousiasme et amour. JS tient Mouna par la main et parle de ses projets, il est incollable sur l’Europe. Il avait passé des mois sur Internet à lire et rassembler toutes les informations qu’il pouvait trouver. Les statistiques, l’histoire, la géographie et la culture européennes n’ont pas de secret pour lui. Il connaît même par cœur la grille des programmes de
Simo s’aventure à frôler Nada, celle ci longe son corps sur le torse de Simo et glisse sa tête dans le creux de nuque de son amant. Leurs mains ne se séparent plus.
Prochainement sur le CASA SUBWAY CREW :
Du rêve aux Paradis (Le dernier épisode 13 de la saison 1)
CASA SUBWAY CREW - Célibatant Forever
11
Ce moment de bonheur dura plusieurs minutes avant que chacun retrouve son esprit. JS repris son sourire légendaire et commence un long monologue sur la perspective de vivre en Europe. Un long débat s’en suivit sur les pays, les villes et les règles du jeu. JS s’arrête de parler et regarde Mouna avec un air étrange. Il vient de s’apercevoir que comme le stipule les règles du jeu, il avait le droit à constituer une équipe de 4 personnes qui selon le déroulement du jeu pourront eux aussi obtenir la permission de l’accompagner. Il chuchote l’information dans l’oreille de Mouna. Le reste de la bande s’aperçut rapidement de la mine atypique du couple. Platon pose le premier la question : « Qu’est ce qu’il y’a ? ».
Platon fut encore le premier à réagir, pour lui s’était simple : Il n’en avait rien à faire de l’Europe et ne comptait franchement pas lâcher son travail, son statut de jeune célibataire dynamique privilégié et s’exiler. Nada conteste. Il lui répond que pour une fois que Simo avait une chance de trouver une Juliette, il ne peut pas risquer de compromettre ses chances mais rien ne l’empêche de le regarder le soir et de les encourager de chez lui. Cela contrarie un peu ses plans car il avait prévu un rencart ce soir. En vérité, c’est du diner de sa maman qu’il s’agit.
A ce moment, le nouveau couple s’aperçût qu’il a depuis un moment la main dans la main. S’échange un regard gai, avant d’être coupé par la sonnerie d’avertissement légal signalant l’arrivée de la spherecam flottante (ou UAC, Unmanned Air Camera) et le début imminent du tournage.
Platon leur demande de l’excuser de les quitter car pour être dans les délais devant son poste, il doit partir tout de suite. Il les appellera avant leur passage pour leur souhaiter la meilleure des fortunes. Il les salue chaleureusement et disparaît par la porte en pensant qu’il aurait du choisir de faire de la guitare au lieu et place du Jujitsu quand il était jeune.
Il allume son téléphone et appelle Amina, une célibatante qui partage son désespoir et qui se fait un devoir d’annoncer à tous ses nouveaux amis que sa deadline à elle est à ses 42 ans. Amina lui confirme qu’elle peut annuler tous ses « nombreux engagements » de ce soir, qu’elle l’attend dans son appartement, qu’elle n’était pas contre regarder Europe Connection et lui demande de passer par le supermarché pour acheter des chips lights et des bières super sucrées.
Prochainement sur le CASA SUBWAY CREW :
Champions League & Napoléon
