Oct 12

Disciples ! Maitre 7didane vous parle.

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Qui des points rouges est le plus petit et qui est le plus grand ?

Et je doute encore que vous puissiez entendre.

Je vous ai promis, malgré vous, de continuer mes Dorous 7didaniya et d’enchainer avec la notion du libre arbitre. Et je ne trahis jamais mes promesses. La promesse disait aussi que cette causerie sera beaucoup plus courte, ce que j’en doute fortement. Allez comprendre !

Flash back :

Vous pouvez toujours faire un tour dans les anciennes causeries si vous avez du mal à suivre. Commencez par ce billiet : Cliquez-ici. Puis, vous pouvez attaquer l’ensemble des causeries, dans le sens inverse d’une aiguille d’une montre, sur ce lien : Cliquez-ici.

Dans le dernier billet, nous avions modélisé les différentes logiques qui peuvent construire un discours marocain. L’idée étant d’isoler des mécaniques complètement indépendantes qui interagissent dans un débat marocain, et ainsi isoler les phénomènes qui se produisent fréquemment : le discours sourd et le grotesque.

Nous avons fini par identifier une famille de 4 logiques : scientifique, politique, morale et divine. Que nous pouvons qualifier d’une famille libre dans le sens où les réponses produites dans une logique ne sont pas accessibles dans l’autre.

Flash play (Si J.J Abrams peut créer le flash forward dans Lost, je peux bien créer aussi les autres pour vous perdre d’avantage):

Les plus prometteurs d’entre vous auront deviné comment modéliser la notion du libre arbitre. Mais paraphrasons pour les nuls d’entre nous.

Il est bien beau de connaitre la grille de lecture que nous fournit cette famille de logiques, mais en quoi c’est utile quand on sait que jamais, dans un débat, on aura à utiliser juste une seule. Pour se positionner par rapport à une problématique donnée on puise dans de tas de référentiels, donc forcement dans les 4 logiques.

Questions :
Etes-vous pour ou contre l’avortement ?
Etes-vous pour ou contre la castration chimique des délinquants sexuels en France ?
Etes-vous pour ou contre la dépénalisation de l’homosexualité au Maroc ?
Etes-vous pour ou contre la peine de mort ?
Etes-vous pour ou contre la dépénalisation du déjeuner en publique durant le ramadan au Maroc ? (Pour les étrangers qui passent par là, c’est une vraie question marocaine !)
Etes-vous pour ou contre l’euthanasie ?
etc …

Pour la suite, je retiens la problématique de l’euthanasie. Etes-vous pour ou conte ?

La logique scientifique peut nous renseigner sur le degré de la souffrance physique sur une échelle donnée, peut nous fournir les outils pour le faire. Mais elle s’arrête là.
A la limite, elle pouvait nous pousser à être contre car elle prouverait l’impossibilité. Mais dans ce cas, non.

La logique politique, elle va nous pousser à vouloir identifier l’échelle en question. Ceux qui ont tendance à dire NON à tout, auront repéré que j’ai effectivement laissé la définition de l’échelle ouverte. Comment dire, pour tel patient, qu’il mérite ce droit : le droit à l’euthanasie ? Quel moyen mettre en place pour ? C’est un juge, un expert médical, la famille proche, une déclaration du patient quand il était en mesure de la formuler, à qui la société donne le droit de décider ? Est-ce que c’est une charge et un droit que la société est prête à assumer ? Est-ce que je gagnerai des alliances ou des voix si je suis pour ou contre ?
Un tas de questions politiques auxquelles nous devons répondre. Et qui vont être dans le sens OUI ou NON. Modélisons cette réponse politique par P.

Pour l’exemple concret, je suis contre car elle m’apportera les voix des électeurs « religieux » sans me faire perdre les voix des autres qui s’en foutent.

La logique morale, qui rappelons-le même si ce n’est pas encore évident pour beaucoup, est indépendante de la logique politique. La logique politique, qui rappelons-le encore une fois n’obéit qu’aux mécanismes de prise de décision et de domestication de la violence dans une société, est amorale autant que a-scientifique. Donc dois-je être pour ou contre l’euthanasie ?
Combien même l’euthanasie est illégale, un médecin ou une infermière confrontés à cette réalité peuvent aider, pousser par leurs moral, un patient à mourir. Dois-je être pour ou contre ? Suis-je impliqué ? Dois-je prendre une décision sur un sujet qui ne me concerne pas personnellement ? Si je suis médecin est-ce un aveu d’échec d’être pour ? Est-ce que la souffrance dans la vie est une condition suffisante pour justifier de se donner la mort ? Donne-t-on la vie pour avoir le droit de l’enlever ?
Modélisons cette réponse morale par M.

Pour l’exemple concret, je suis pour car à quoi bon une vie de souffrance sans espoir.
Ce choix peut bien évidemment motiver un vote dans un référendum sur cette question, mais la réalité qui sortira des urnes, et qui est vérité politique, peut ne pas s’aligner sur ma vérité morale.

La logique divine, me poussera à me raccrocher à sauver mon fils, et espérer son Salut et ignorer les évidences que les médecins m’expliquent. Ou, à enfreindre toutes les lois, à devenir un expert es en euthanasie et à le faire moi-même contre l’avis scientifique, politique et moral, afin d’épargner à mon fils les souffrances.
Modélisons cette réponse morale par D.

Honnêtement, j’ai aucune idée sur une réponse concrète donc je vais dire pour en penssant à un fait-divers qui a secoué la France.

Conclusion :
A la question : Etes-vous pour ou contre l’euthanasie ?
Ma position sur cette question est : {S, P, M, D}. Concrètement : {0, -1, 1, 1}.
Et c’est avec cette position que je suis sensé débattre et prendre une décision finale.

Et c’est la où entre en jeu le libre arbitre de chacun : l’arbitrage entre ces différentes logiques selon l’expérience personnelle de chacun dans la vie. Je serai amené à pondérer ces axes selon une échelle de valeur que moi seul fixe. Et de prendre finalement une décision purement subjective.

Y a-t-il une démarche déterministe pour hiérarchiser les poids des différentes logiques ? Non.

Peut-on comparer les positions de deux débateurs, même en comparant le poids de chaque axe ? Non. Ex, un religieux qui a {100, 80, 90, -1} peut bien décider avec son libre arbitre que sa position est -1 (cf. l’exemple du Khidr). Un conseil, arrêter le débat avec lui sur le champ, et s’il passe à l’acte, emprisonner-le !

Une chose est sûre, il n’y a pas de relation d’ordre dans l’espace des libres arbitres. Tout ce que vous pouvez faire, c’est d’exposer vos points de vue sur chaque axe et de donner un poids à ce point de vue. La synthèse n’a pas sa place dans le débat, Elle est purement personnelle.

Le discours de sourds ou le grotesque se produiront quand chacun commencera à remettre en cause le poids que l’autre donne à un axe donné. « Scientifiquement, le poids que vous accordez au divin est irrationnel » est un exemple.

Bon moi je suis paresseux. En général je pondère avec des 1 puis je fais la somme et si c’est positif je suis pour: {0, -1, 1, 1} x {1, 1, 1, 1} = {0, -1, 1, 1} donc 1. Je suis pour l’euthanasie.

Un autre, il suffit que le témoin scientifique s’allume et hop il considère que politiquement il est pour. Et comme le politique n’est que manifestation de la morale du groupe alors moralement il est pour. Puis comme il s’en fout un peu du divine, alors il est pour. Concrètement, le poids de la science est considérable dans sa perception de la vie.

Vous pouvez décliner la même décision pour les 4 logiques. J’ai entendu la nuit Dieu me dire que je dois être contre, et comme il n’existe pas de moral sans Dieu alors moralement je suis contre, donc faut que je fasse du lobbying pour combattre les maléfiques tueurs donc je suis politiquement contre, et si je trouve un député de mon camp qui est médecin à ses heures perdues et qui peut me sortir un sondage scientifique où les gens sont contre alors je suis scientifiquement contre.
Concrètement, le poids du divin est considérable dans sa perception de la vie.

Cependant, je ne vous cache pas que mon préféré est celui qui garde la richesse d’une position claire, épurée et sans pondération subjective lors des débats {S, P, M, D}. Et qui reconnait qu’il ne peut confronter que des points de vue dans le même univers et même logique.

Vous allez me demander que la richesse d’un débat est bien belle mais qu’il faut bien à un moment troncher.

Je vous répondrai que sur un plan personnel je me suffis des réponses complexes, avec le risque que les non-avertis me taxent d’instable hypocrite qui change d’avis en fonction des circonstances. Et quand il s’agit d’arbitrage entre les points de vues de plusieurs, je ne connais pas mieux que la politique pour réconcilier tout le monde…de préférence, sans effusion de sang. La démocratie est l’un des moyens politiques pour faire cet arbitrage non déterministe.

Je vous lâche ici, avec l’assurance que vous vous fichez complètement de mes billets, et je vous dis obstinément à la prochaine pour la causerie : « La laïcité dans la culture musulmane, est-elle possible ? » où nous mettrons en œuvre ce que nous venons de voir du libre arbitre.

Sep 15

A la lumière des causeries précédentes, discutez et analysez l’inculpation des manifestants ou l’abrogation de l’article 222.

Liens vers les causeries : cliquez-ici.

NB : Vous allez devoir réfléchir sans la causerie manquante sur le Libre arbitre.

Enoncé du problème :

Des manifestants qui exigent le droit de non jeûner en public sont dénoncés par les Oulémas à Mohammadia, et risquent des poursuites judiciaires.

Au Maroc, il est interdit pour les Musulmans (sans pour autant que la religion soit mentionnée sur la carte d’identité) de manger en public durant la période du jeûne.

Voici le communiqué de la MAP :

Mise en échec à Mohammedia d’une tentative de rupture publique du jeûne
Mohammedia – Les autorités locales et les services de sécurité de Mohammedia ont réussi, dimanche, à mettre en échec une tentative de rassemblement qui devrait être suivie d’une rupture publique du jeûne, projetée pour revendiquer l’abrogation de l’article 222 du code pénal, apprend-on lundi de source autorisée.
Ces agissements ont été initiés, selon les mêmes sources, par la nommée Zineb Elghzaoui, journaliste au “Journal hebdomadaire” et membre d’une organisation, inconnue, dénommée “Mouvement alternatif pour la défense des libertés individuelles”.
Cette tentative, organisée par six Marocains, était appuyée par des étrangers ainsi que par certains organes de presse nationaux et étrangers, appelées pour couvrir cette action.
On apprend de même source que les promoteurs marocains de cette manifestation, visant à inciter à la rupture du jeûne en public, seront poursuivis en justice conformément à la procédure en vigueur.

Donnée :

- L’article 222 du code pénal punit d’emprisonnement tout musulman qui rompt publiquement son jeûne durant Ramadan pendant la période du jeûne.

- Je n’ai pas trouvé de versets coraniques (vous pouvez me corriger). Seuls des hadith du Prophète vont dans le même sens que cette loi. Hors le droit marocain est censé être un droit positif.

: عن رسول الله صلى الله عليه وسلم : ” يدنو أحدكم من ربه حتى يضع كنفه عليه ، فيقول : أعملت ك
فيقول : نعم ،
ويقول : أعملت كذا وكذا ؟
فيقول نعم ،
فيقرره ثم يقول : إني سترت عليك في الدنيا ، وأنا أغفرها لك اليوم” صحيح البخاري

قال عليه الصلاة والسلام : ( كل أمتي معافى إلا المجاهرين ، وإن من المجانة أن يعمل الرجل بالليل عملا ، ثم يصبح وقد ستره الله ، فيقول : يا فلان عملت البارحة كذا وكذا ، وقد بات يستره ربه ، ويصبح يكشف ستر الله عنه ) رواه البخاري ومسلم .

La religion musulmane, du moins pour les sunnits, considère qu’avoué le péché est une circonstance aggravante et un défi au Pardon de Dieu. D’autres peuvent parler d’une volonté délibérée de dévier les musulmans du droit chemin.

Sep 8

(قَالَ أَلَمْ أَقُل لَّكَ إِنَّكَ لَن تَسْتَطِيعَ مَعِي صَبْراً} (الكهف/75}

Vu précédemment …

Disciples ! Maitre 7didane vous parle.

Mais je doute que vous puissiez entendre la longue causerie que je vous offre aujourd’hui.

Après les deux introductions précédentes à la pensée 7didanienne, vous pouvez à présent tenter d’essayer d’approcher un semblant de la pensée 7didanesque.

Dans la leçon d’aujourd’hui, vous essayerez de comprendre deux phénomènes qui caractérisent le dialogue entre différentes logiques marocaines : le discours sourd et le grotesque. Et vous finirez enfin, même si j’en doute fortement, par comprendre la notion de «libre arbitre». Mais d’abord c’est quoi un discours sourd ?

Je vous propose, façon de parler, d’appeler discours sourd les altercations que nous rencontrons, à titre d’exemple, entre blogueurs francophones et arabophones, ou progressistes et conservateurs. Comme nous allons voir plus tard, ce phénomène ne dépend surtout pas de la langue pratiquée, comme nous pouvons trouver des conservateurs francophones et arabophones.

Ce phénomène est observable par exemple dans un débat sur la laïcité en particulier, et les choix politiques en générale. Il est aussi observable quand on discutera des miracles de l’islam ou de nouvelles découvertes scientifiques.

Maintenant qu’un aperçu est donné, je vous introduis quatre logiques qui sont pour moi complètement séparées, indépendantes, disons : libres. Libres une par rapport à l’autre. On peut faire l’analogie avec des univers parallèles, où une vérité qui vie dans une logique ne peut être influée ou suivre les lois d’une autre logique. Le discours sourd se produira quand les arguments de chacun n’appartiennent pas au même univers.
Gardez en tête qu’il ne s’agit pas d’un absurde, qui se produit lui dans une même logique. Et tant que vous gardez en tête, gardez aussi que l’ordre de présentation de ces logiques dans cette causerie n’insinue aucune hiérarchie entre elle : Le seul critère retenu est la simplicité de présentation.

Premièrement, la logique scientifique, la plus simple à reconnaître. Comme son nom l’indique, elle régit la pensée scientifique. Pour simplifier, elle nous permet de répondre à la question essentielle : Est-ce que c’est possible ? Et elle nous fournit, le cas échéant, la méthode à suivre pour la réalisation.

Pendant un temps, l’humanité a cru pouvoir se passer des autres logiques et se restreindre à celle-là pour comprendre le Monde, et l’améliorer. Nous sommes conscients, après de désastreuses expériences, que les mécanismes de cette logique sont incapables de pouvoir nous répondre à la question : Est-ce qu’on a le droit de le faire ?

En effet, tout le possible n’est pas à faire. Les armes de destructions massives, l’eugénisme, l’ultralibéralisme économique, et il suffit de se plonger dans l’Histoire de la 2ème guerre mondiale pour trouver les exemples. La génétique ne dira jamais à un médecin s’il doit ou pas faire de l’eugénisme mais lui donnera volontiers le moyen s’il le désir.

Ce qui nous amène à une deuxième logique, qui ne restreint pas la première, mais permet seulement de répondre à des questions qui appartiennent à un autre univers. L’univers de la logique politico-légaliste. Que j’appellerai la logique politique. Et qui vous permettra de répondre à la question : Est-il légal de le faire ?
Il est possible de faire de l’eugénisme humain, mais il est illégal dans nos sociétés.

Vous conviendrez, mais ne vous forcez surtout pas, qu’il serait grotesque qu’un scientifique argumente dans un débat : «Il stupide que vous interdisez l’eugénisme, car il est possible et rien ne limite la science.» Comme il est grotesque de lui rétorquer : «L’eugénisme n’est pas possible car il est illégal !». Si vous trouvez le deuxième argument trop grotesque pour être vrai, je vous renvoie au procès de Galilée devant le Vatican, cela juste pour épargner les musulmans que vous êtes le grotesque de certains fatwa du Azhar. Retenez donc, mes disciples, que le grotesque est l’amalgame dans le même argumentaire de deux logiques différentes. Ici il s’agit de la logique scientifique et la logique politique.

Les réponses produites dans une logique ne sont pas accessibles dans l’autre. Le discours sourd, quant à lui, se produit quand deux argumentaires, chacun cohérent dans sa logique, se parlent sans s’entendre. Ce phénomène est souvent moins comique que le grotesque, mais il est plus fréquent et cause souvent des déshydratations.

Par exemple, un discours de sourd s’installera quand deux marocains aborderont la question de l’héritage : le premier se référant à la logique politique (droit positif), et le second se référant à une autre logique que nous expliquerons après (droit révélé).

Pause travaux pratiques :
Qu’est-ce qui se passera quand on voudra expliquer scientifiquement pourquoi une loi (vérité politique) est « vraie » juste parce qu’une majorité ou un roi a décidé ainsi.
Fin pause.

Comme vous pouvez le noter, les deux logiques sont nécessaires. Cependant, les mélanger produira du grotesque ou un discours sourd.

Je viens maintenant à une troisième logique qui se révèle nécessaire et qui répond à des questions qui échappent aux deux premières : la morale.

Pour les disciples qui ont bien suivi les deux précédentes causeries, je dis accrocher vous. Pour les autres, allez réviser l’historique avant de continuer.

Quelque chose de possible et légal est-il pour autant à faire ? Ici il s’agit de répondre à la question, proprement individuelle : Dois-je le faire ?

Je peux trouver la martingale pour devenir riche, je peux faire du lobbying pour passer toutes les lois qui me le permettront. Mais est-ce que je dois le faire pour autant. Ici il s’agit de la problématique de l’apprenti-sorcier doublé d’un légaliste égoïste.

Et comme nous avons vu ensemble, cette logique ne peut être qu’individuelle même si elle inspire à l’universalité.

De surcroît, les logiques scientifique et politique peuvent être transmises par enseignement. Alors que la logique morale ne peut l’être que par éducation. Et quand cette éducation est adoptée à l’échelle d’une société elle produit du totalitarisme. En conséquence, nos argumentaires qui font appel à notre morale pour convaincre des individus d’autres milieux, qui ont reçu une éducation morale différente, produisent souvent des discours sourds, quand ce n’est pas du grotesque.

Un PDG peut prendre la décision morale, que j’apprécierai volontiers, de renoncer à un parachute doré que lui autorise la loi. Mais personne ne peut le convaincre de le faire moralement.

Dans le même registre, chacun de nous a sa propre logique morale quand on vient en aide à telle personne et pas une autre. Personnellement, je n’aide pas les femmes, avec la laideur comme circonstance aggravante, qui font la manche avec un bébé, mais je ne peux vous convaincre de ma décision morale. Et je ne vous reprocherai jamais que vous l’aiderez.

Cette logique morale est caractérisée par un choix personnel que nous prenons, des conditions et convictions personnelles que nous posons : Tu choisis de soutenir telle association et pas l’autre. Tu diriges ta compassion. Et c’est là où j’ouvre le vortex vers la quatrième logique dans ma présentation. Une logique inconditionnelle, infinie, qui ne s’enseigne pas, ne s’éduque pas et ne se transmet pas et où on renonce à faire des choix : la logique divine.

Combien même votre enfant est laid et stupide, j’ose espérer que votre engagement envers lui est inconditionnel. Pouvais-vous expliquer scientifiquement, politiquement ou moralement votre engagement, à part l’évidence «C’est ma chair » ?

Vous êtes persuadés que votre engagement est moral ?
Détrompez-vous. Je ne vous espère pas passe l’épreuve de l’enfant crapule pour examiner votre amour pour lui.

Si vous répondez oui. Je vous félicite. Vous venez d’expliquer l’Amour. Mis à part que vous détenez sans doute la réponse que votre conjoint attend impatiemment dans des situations où vous ne cherchez que vous plongez dans les bras de l’ignorance du sommeil «Pourquoi m’aimes-tu ?» ce qui n’est pas rien en soi car vous dormirez tranquille. Vous pouvez breveter votre trouvaille à des fins publicitaires.

Les mécanismes de cette logique sont inaccessibles à l’individu même qui agit selon elle. Elle est presque révélée, innée. C’est un don. Qui n’est pas partagé par tout le monde.

Des gens qui ne vouent aucun sentiment à leurs progénitures existent et nous le montre chaque jour. Essayer de leur expliquer l’amour qu’ils doivent avoir pour leurs enfants, serait comme expliquer à une mariée forcée pourquoi elle doit aimer son mari : Grotesque.

J’ai trop parlé d’amour, alors que j’ai appelé cette logique Divine. Ce n’est pas par christianisme, mais seulement par souci de vulgarisation, paresse intellectuelle et facilité populaire. D’ailleurs peut-être pour cela que le christianisme s’attache tant à cette valeur.

La logique divine englobe tous les mécanismes de créations de convictions non transmissibles. Et l’amour en fait partie : Un Savoir révélé. Je sais que je t’aime, mais je ne peux dire pourquoi.

Je sais que Dieu existe. Malheureusement trop de croyants n’ont pas la modestie de reconnaître qu’ils ne savent pas le prouver. Produisant du grotesque gore.

La foi obéit a cette logique divine. Qui est un don plus rare que nous le pensons. Et qui provoque du grotesque quand on essaie de le prouver scientifiquement ou l’ériger en doctrine politique.

Ce qui me ramène au verset du Coran en introduction de ma causerie : L’histoire d’une figure énigmatique dans le livre sacré. La tradition musulmane veut que le Prophète lui a donné le nom de : Al Khidr.

Prophète ou Saint, le Coran ne dit rien. Nous savons seulement qu’il est directement inspiré par Dieu. Son Savoir est de nature divine et que Moise (Moussa) est parti à sa recherche, lui et son savoir. Les actes d’Al Khidr se situeront au-delà du Bien et du Mal humainement perceptibles.

Moise, et malgré sa foi (je rappelle aux musulmans que Moise est juif dans le Coran et il est décrit comme un Grand Prophète d’Allah), n’a pu accepté les actes d’Al Khidr. Des actes qui contredisaient : le bon sens scientifique de l’époque et la morale même actuelle. Je ne m’aventurerai pas à raconter par mes mots l’histoire, pour ne pas heurter les non-croyants et croyants d’entre vous qui manquent de largesse d’esprit … et de patience.

Pour les plus téméraires d’entre vous qui ont pu gober toute ma charabia, je vous renvoie à la Sourate Al Kahf, versets 65-82.

Pour ceux qui ont pu gober toute ma charabia mais pas assez téméraires, contentez-vous de cette présentation vulgarisée :

Comme je doute de votre patience, je préfère arrêter cette causerie ici. Avec le décor des quatre logiques planté. Des logiques que nous avons vu indépendantes. Mais qui dans la réalité s’entremêlent dans nos esprits pour construire nos points de vues.

La suite, qui sera beaucoup plus courte, abordera la notion du libre arbitre comme réponse à cette complexité.

Bonne digestion à tout le monde !

Sep 3

عن حديدان: “الصدقة لك، الزكاة للمجتمع !”  غير متفق عليه بعد

Vu précédemment …

Disciples ! Maitre 7didane vous parle.

Nous reprenons les causeries après l’interruption, A natija 3an iradatina, suite à vos commentaires type : « Mais est-ce que l’amorale est Bien ou Mal ? ». Nous reprenons, en revanche, sur un ton différent.

Pour aujourd’hui je vous parlerai de la solidarité et de la générosité à la lumière de la causerie précédente : La vertu de l’amoral.

Pour rester terre à terre, c’est-à-dire auprès de vous, et respecter votre carence en sucre et eau en ce mois de ramadan, je commence par une anecdote personnelle.

Comme vous savez, depuis un moment, sans aucun doute, je suis au chômage. Suite à cet imprévu professionnel, j’étais confronté à mes obligations pécuniaires. Perdre son revenu fixe est une expérience douloureuse pour tout le monde.

Mais heureusement, des généreux ont pris l’initiative de m’assurer une somme d’argent le temps de passer cette période. Je les remercie d’avoir pris la peine de me secourir dans ma détresse, et de penser jusqu’à me garantir mon niveau de vie d’avant !

Je remercie ces généreux d’autant plus que je ne les connais pas personnellement, ni eux d’ailleurs. Il faut dire que j’ai beaucoup de chance dans la vie !

Ces personnes poussent même la générosité jusqu’à assurer à toute personne, pas qu’à moi, qui tombe dans le chômage une aide qui l’appellent : allocation chômage.

Vous l’avez deviné, ou du moins je l’espère, ces personnes ne sont pas motivés par de la générosité mais par leur seul égoïsme et leur volonté de défendre leurs intérêts.

Vous l’avez bien deviné, ou du moins je l’espère, si je ne cotisais pas dans un pot commun alors je n’aurai pas pu profiter de ce droit. C’est ce qu’on appelle Solidarité.

Le don que je fais pour mes assurances, le social, les impôts n’est pas pour des motivations morales pour aider autrui, car conditionner d’abord par mon intérêt premier.

C’est la magie du politique, jusqu’au siècle dernier du moins, quand il arrive à tirer profit de l’essence du capitalisme : Instrumentaliser l’égoïsme de chacun afin de réussir un projet de société.

C’est ce qui manque terriblement pour notre génération qui a baigné dans les concerts de musiciens pour l’Afrique et les collectes du riz et médecins sans frontières. Des générosités que nous appelons à tort solidarité. Peut-être, parce que nous refusons à tort de penser qu’une action solidaire, qui fait appelle à nos impôts, envers le tiers-monde n’aura pas de retour sur notre intérêt propre. Il parait que les chinois sont convaincus de l’inverse.

Malheureusement, à la place de mécanismes de solidarités, qui par définition sont amoraux car ont pour but l’intérêt individuel, nous avons droit à des appels ou initiatives ponctuelles de générosité : Restaurants du cœur en France, ou distribution de cartable scolaire au Maroc.

Pour couper court aux commentaires qui débordent d’intelligence auxquels j’ai droit :  la générosité c’est Bien !

Moralement parlant, je ne peux qu’applaudir toutes les initiatives généreuses. D’ailleurs, j’avais défendu l’année dernière, pour des raisons morales, l’initiative royale d’un million de cartables. Et c’est avec grand plaisir que j’ai vu que cette année : 3 millions de cartables seront distribués !

Sauf que la morale, comme vu précédemment, n’engage le généreux que vis-à-vis de sa conscience. Et il n’a ainsi aucun n’engagement vis-à-vis de la société pour perpétuer son action. Il n’est même pas contraint à un rendement, et encore moins à rendre des comptes.

Je vous laisse déchiffrer donc la gesticulation française autour d’une taxe Carbonne, qu’ils veulent presque morale, car le gouvernement rassure le contribuable sur le fait que ce n’est pas un « nouvel impôt déguisé», mais que cette taxe sera redistribuée au ménage et n’a pour but que de sensibiliser le contribuable sur sa consommation non écologique.

Connaissez-vous une taxe qui n’est pas redistribuée au contribuable ?! Peut-être une taxe prélevée aux Français et offerte généreusement aux Canadiens !

Ceux qui ont suivi la causerie précédente nous rappelleront : « La morale individuelle étirée à l’échelle de la société devient immorale ».

Au lieu de cela, le gouvernement français ne s’engage pas à défendre, devant les américains, chinois et indiens, une bourse de quotas de pollution où les entreprises (gros pollueurs par rapport à toi disciple avec ta Clio) qui arrivent à polluer moins peuvent revendre le non consommé de leur quotas à des pollueurs qui explosent la leur : Contraindre, par le politique, les pollueurs à investir dans de nouveaux choix technologiques en suivant toujours leur propre intérêt qui est de revendre le fruit d’une telle R&D. Mesures solidaires, au lieu d’improvisations généreuses.

Car peut-être la générosité est bien, mais la solidarité est efficace.

Attention, pour les plus distraits de mes disciples et ils sont nombreux, l’opposition dans ma dernière phrase n’est que rhétorique. Vous pouvez, si vous y arrivez, être solidaire et généreux. Solidaire en payant vos impôts, et généreux en soutenant des causes.

Le politique est engagé à innover des mécanismes de solidarité pour la société, en respectant les leçons d’efficacité que nous enseigne l’économie. L’individu est libre d’être généreux avec ses semblables dans une société qui n’attend pas la moralité de chacun pour tourner ses affaires.

D’où mes applaudissements et encouragements pour toute la générosité des différentes associations marocaines, même pour les paragouvernementales.

Ce qui n’exclut pas l’exigence de tout Marocain de voir son gouvernement mettre en place de véritables solutions solidaires : ex, primes scolaires bien étudiées. Hélas, l’absence de créativité de notre classe politique, la décrédibilisassions orchestrée et nourrit de cette dernière depuis des années et le discours pollué par la moralisation inefficace dissipent tout espoir d’une société solidaire.

Exigez de la solidarité et méfiez-vous des ministres qui appellent aux générosités ! Ils se défilent de leurs engagements.

Sur ceux, et avec l’assurance presque jubilatoire de lire un commentaire type : « Mais moi je préfère la générosité à la solidarité », je vous dis à la prochaine pour A Daress : « Logiques multiples et discours sourds » où j’expliciterai les mécanismes qui nous permettrait de juger du grotesque d’une telle comparaison.

Aug 23

إنما الأمم الأخلاق ما بقيت فإن هم ذهبت أخلاقهم ذهبوا

Chers disciples,

Dans la présentation d’aujourd’hui, nous allons aborder une notion 7didanesque fort efficace : l’amorale.

Des bienfaits d’une conduite morale et d’une autre immorale, une pléthore de contributions abondent sur internet et les autres moyens traditionnels d’accès à l’information. Mais des bienfaits de l’amoralité peu de Maitres vous parleront.

D’emblée, un succinct rappel des deux notions de « morale » et « d’immorale » nous serait bénéfique pour la suite de la présentation. Ces deux notions antagonistes touchent à des vertus essentiellement « individualistes » à aspiration « universaliste ». Et voilà que je vous perds !

D’où tout l’intérêt de ce rappel violent. Vous perdre, pour mieux nous retrouver plus tard.

Zoomons sur l’essentiel. Mon affirmation de l’individualité de la morale ne peut que choquer dans un univers arabo-musulman comme le notre, qui ne conçoit pas une société vidée de sa morale. Mais rassurez-vous, elle choque autant en Occident. Nous n’avons qu’à apprécier le volontarisme des classes politiques et les attentes des peuples pour « moraliser » les sociétés et l’économie. Nous retrouvons ces mêmes discours tendance dans notre société marocaine : Takhli9 Al 7ayat Al 3ama.

Mon affirmation s’inscrit donc en porte à faux par rapport aux tendances du moment. Mais de cela vous êtes habitués. 7didane refuse l’idée qu’une morale peut être attribuée à une société ou toute autre chose qu’un individu. Il n’y a que la conduite d’un individu au quel on peut attacher la valeur morale ou immorale.

D’après ce que je vous baratine, une charte éthique d’une entreprise, un commerce équitable, une compagne électorale morale, ne sont qu’outils de management, déclinaison marketing, quand ce n’est pas de l’arnaque pure et simple.

Pour revenir sur terre, un exemple s’impose : 7didane assit sur une terrasse d’un café, il a apprécié le spectacle des mannequins des rues casablancaises et s’apprête à régler son addition. Le serveur répond à son appel, plus au moins vite, et par un savant calcul mental lui sort la somme de 50 Dhs.
Essayons d’appliquer à cette situation le semblant de grille de lecture que je vous propose dans cette présentation. 7didane et le serveur ne sont liés socialement que par la transaction qu’ils sont en train de finaliser. De surcroit, leur transaction est modélisable par une simple addition mathématique : prix café + prix opéra = la somme à régler.

Je ne vous cache pas que petit, et à cause de ma dyslexie légendaire, je considérais un 3 + 3 = 9 plus juste et généreux que l’opération vraie 3 + 3 = 6. Force et de constater que les opérations mathématiques sont amorales, je me suis résigné à apprendre les règles.
Mais de cette amoralité, le serveur qui ne suit pas mes présentations, il n’en a rien à cirer. Et quand il ne m’apporte pas la facture et s’amuse à compter dans son fort intérieur, il interpelle directement une « morale sociétale supposée », appelée au Maroc « swab », qui m’obligerait à le croire sur parole et de régler l’addition sans rechigner avec au plus une vanne sur la justesse de son calcul et lui me rétorquant avec un sourire d’hospitalité « dial wlad leblad ».
Vous allez le constater à chaque fois où la morale voudra s’étendre à la société, qu’elle dégénère bizarrement en immoralité, quand elle ne s’estampe pas tout simplement en amoralité.
Dans notre cas, si l’addition mentale est fausse, le serveur emballe son immoralité individuelle dans une moralité sociétale supposée. Et 7didane serait presque immorale de lui demander une facture détaillée : au risque peut-être de déplaire aux moralistes de la culture vert et le respect des arbres et forêts.
Ainsi, quand un groupe veut ériger une notion comme valeur morale commune, cette notion étirée à l’ensemble s’apparentera plus à l’immoralité qu’à la moralité. Mais garder en tête aussi la notion d’amoralité qui s’applique mieux, à mon avis, à ces phénomènes.

Nous pouvons étendre cet exemple facilement à tous les transactions qui lient les individus et constituent une société.

Ce qui donnera un tout autre éclairage aux modes du moment : moralisation de l’économie mondiale, moralisation de la politique étrangère américaine, moralisation de la politique marocaine, finances islamiques, commerce équitable, les produits verts, l’avortement, la médication par les organises et tissus de fœtus, l’homosexualité, le jeûne du ramadan …

Dans tous ces exemples, un amalgame dangereux s’opère entre des valeurs que je vous dis amorales et qui doivent gouverner les sociétés et engagent l’individu envers le groupe dans un intérêt mutuel, et des valeurs morales qui n’engagent que l’individu vis-à-vis de lui-même et de son Dieu, si par un heureux hasard notre individu est un sincère croyant.

Maintenant que je vous ai parlé du caractère individuel d’une morale, venons-en à son aspiration universaliste. Heureusement, ce caractère est plus simple et intuitif à présenter. Et mieux qu’une présentation, je vous renvoie à la littérature de Kant qui abonde dans ce sens et démontre la conception universaliste de la morale. Je ne retiens de sa démonstration, des siècles nous séparons, que la volonté de tout individu, si l’individu est un tant soit peu sensé, de croire à une morale universelle.
Quel sens aura l’action d’un individu courageux ou qui ne dit que vérité, s’il ne croit pas que de telles vertus ne sont pas universelles et partager même par ses ennemis.
Vous pouvez pousser le cynisme à des sommets 7didanesques, vous ne pouvez inculquer à vos enfants des valeurs comme la lâcheté et les mensonges, sous prétexte que c’est utile dans une société. Vous attendez, vous aspirez, que votre morale est la morale de tous. Et par glissement, la morale, qui émane essentiellement de vous, aspire à une universalité. Et par un enchantement du Monde, elle espère qu’elle soit partagée de l’autre coté de la planète.

Et de cette attente et aspiration naisse ledit amalgame de la société. L’attente des individus se cristallisent et se personnifient en une divinité au cœur de pierre adorée par toute la société : que nous appelons Moralité.

Je vous ai trop baratiné, et je n’ai pu que faire dans la longueur. J’espère que vous voyez le danger caché derrière tout discours moralisateur. Aussi, je finirai ma présentation d’aujourd’hui par rappeler mon attachement à la moralité des individus. Mais c’est comme une miss beauté qui vous expliquera son attachement à la paix dans le monde et la vie sans maladies pour les petits enfants.

Un individu moralement responsable est un trésor pour une société, mais une société ne peut attendre de ses individus qu’ils le soient pour pouvoir s’organiser.
Un jeune couple marocain qui tombent enceints hors mariage et qui décide mutuellement dans une moralité exemplaire, mais résolument individuelle, de garder l’enfant et ne pas l’avorter. C’est un couple qui ne pose aucun problème à la société. Le couple peut pousser sa moralité à l’extrême religieux en demandant la flagellation publique. On peut soupçonner des tendances masochistes, donc un intérêt propre dans la démarche. Mais en absence d’intérêt avéré, leur démarche est moralement honorable.

Mais la société, comme expliquer précédemment, ne peut compter sur la moralité de ses individus. La société n’est ni morale, ni immorale, elle est amorale. Et dans une démarche purement amorale, elle doit « légaliser » l’avortement dans des conditions purement objectifs et par soucis sanitaires.

Est-ce que le légaliser est moral ou immoral, comme semble s’articuler le débat aux Etats-Unis ou au Maroc ?

Le légaliser est un acte amoral. Il renvoie tout simplement la décision à la moralité de l’individu.

Sur cet exemple de la « vertu » de l’amoralité, 7didane vous salue en espérant vous avoir retrouvé à la fin et vous donne un autre rendez-vous dans « Addorous Al 7didaniya » avec le sujet : Solidarité ou générosité ?

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