Mar 7

Bonne fin de dimanche !

Mar 5

A titre d’information à nos jeunes diplômés pleins de 3ya9a, le coût pour se payer un ingénieur indien en développement informatique est actuellement de 30€ par jour.

Avec un calcul simple, un indien me reviendrai sur un mois : 30€ x 22 = 660 €

De ce coût, sa société indienne se doit de lui payer son salaire, financer les locaux et la logistique avec les quels il bosse et payer les impôts et charges sociales, si charges sociales il y a en inde, plus d’autres frais qu’on va occulter pour vulgariser.

deloc_Bangalore

Alors comprenez qu’avec votre salaire à lui tout seul à 700€ minimum, votre nombre très réduit et votre incompétence notoire, c’est du suicide de délocaliser au Maroc pour des raisons autres que politiques.

Comprenez surtout qu’il faut bien encore brader vos salaires si vous voulez encore bosser dans ce domaine. Et que les réductions des impôts et des charges sociales n’ont pas pour objectif final d’augmenter votre pouvoir d’achat, mais bel et bien de donner une marge de manœuvre au pauvre management marocain de tenter de concurrencer le raz-de-marée indien.

Comprenez bien que si vous avez accédé aussi facilement au statut d’ingénieur ces 5 dernières années, ce n’est surtout pas parce que le QI national a gonflé subitement.

Comprenez bien que l’écrasante majorité d’entre vous, et il y en a beaucoup qui trainent sur mon facebook et mon twitter, ne survit que grâce aux difficultés des vieux Français avec l’anglais et leurs réticences à bosser avec des Indiens. Ce qui ne durera pas.

Comprenez bien que si vous avez raté vos études au lycée et que vous avez atterri quand même dans une école privée d’ingénieurs au Maroc ou une faculté française c’est uniquement pour des raisons mercantiles de ces organismes. Personne n’est dupe de vos capacités. Ce que peut faire un « vrai ingénieur » indien à 30€, vous devez le faire pour moins, voir intellectuellement ne pas pouvoir le faire carrément.

Bougez-vous le cul si vous ne voulez pas que le tsunami vous emporte !

Vous ne croyez pas qu’après 5 ans d’études, où vos principales préoccupations sont : qui prépare le diner à l’internat, qui fait la vaisselle, où est le récho, si le prof du droit d’entreprise va venir demain et les grèves pour le menu du réfectoire, et puis surtout un projet de fin d’étude de merde où vous ne produisez en 4 mois qu’un pauvre document d’expression de besoin (cahier de charge) vous pouvez démarrer une carrière réussie. Vous le paierez après.

Mar 5

Je vous raconterai une histoire qui illustre bien la perversité du système :

corruption

Un entrepreneur immobilier, qui a touché des avances conséquentes de ses clients, a déclaré faillite sans rembourser ses derniers.

Il se trouve que parmi ces clients, il y avait un frère d’une avocate médiatique (enfin populaire). Ils se sont constitués en groupe et ils ont poursuivi l’entrepreneur.

L’avocat de ce dernier a demandé une expertise au tribunal arguant que si faillite il y a c’est parce que les clients ne paient pas à temps leurs échéances.

L’affaire a pris un peu de temps, l’expertise est tombée, et l’avocate est revenue vers le groupe avec un jugement défavorable : l’expertise a donné raison à l’entrepreneur. Et pire, les clients devaient encore payer une partie !

Une injustice flagrante qui ne s’expliquait que par le pouvoir et les relations de l’entrepreneur.

Sauf que …

Un autre client du groupe, désespéré de voir l’épargne de sa vie gâché ainsi, se plaignait autour de lui de cette injustice. Et des remarques se sont imposées tout de suite :
Comment ça se fait que personne de vous n’a fait le déplacement au tribunal ?
Vous avez lu le jugement ?
Vous avez demandé une contre-expertise ?

Réponse : Non. De toute façon, ça ne sert à rien avec ces mafieux, le tribunal est avec eux.

Ces questions étaient posées par un avocat qui a assisté par hasard à la discussion. Et qui par curiosité a voulu jeté un œil sur le jugement. Et combien était la stupéfaction du client quand il a lu sur ce jugement que leur avocate ne s’est pas déplacée au tribunal !

L’avocate qui s’est fait payer par le groupe de quoi rembourser 70% des avances de son frère n’a pas plaidé devant le juge !

L’avocat qui a découvert ça, scandalisé par tant de malhonnêteté, a décidé de lire le pavé qu’était l’expertise afin de trouver une faille. Mais avant de finir les 10 premières pages il lit noir sur blanc que l’expert du tribunal donne raison aux clients et précise bien que l’entrepreneur doit rembourser !

Le juge est de mèche avec l’entrepreneur ?

La réponse de l’avocat est claire : c’est aux avocats de plaider. Si l’avocat avance une expertise comme une preuve, et qu’il n’est pas contredit par la partie adverse, le juge n’a pas à analyser le pavé … et vu le nombre de dossier ça se défend.

L’avocate véreuse n’a pas pris la peine de lire l’expertise. Et l’avocat de l’entrepreneur a eu l’idée géniale de bluffer.

Mieux …

Quelques jours après ce jugement et ces découvertes aussi, le groupe qui s’était constitué en association a tenu une réunion pour prendre acte du jugement et établir un plan d’action. Et les participants avaient presque tous pensé à la même idée : « on a quelqu’un au tribunal qui peut nous aider ». Comprenez, que chacun d’eux connait un corrompu au tribunal qui peut inverser le jugement.

D’ailleurs, le frère de l’avocate aussi propose ses services et ceux de sa sœur car disait-il maintenant que les moyens honnêtes n’ont pas fonctionné, il faut utiliser les mêmes moyens que l’entrepreneur honnête !

Et bien sur chacun de ces corrompus avaient besoin d’une somme d’argent.

Ecoutant cela, le seul client qui a eu la chance de découvrir l’arnaque, et a demandé ironiquement à la fin de la réunion d’écrire au compte rendu la décision finale de l’association : « Corrompre le juge via … »

Avant d’annoncer à la présence qu’il a changé d’avocat et que le tien a déjà fait appel en avançant la même expertise à charge contre l’entrepreneur.

Les clients sont très loin d’être des analphabètes, bien au contraire.

Et c’est bien le drame de la société marocaine. Et pourquoi la réforme de la justice a des chances minimes de réussir. La corruption est culturelle au Maroc, comme le racisme en France. Se sont des valeurs liées à une ignorance systémique qu’il est impossible d’éradiquer sans atteindre même à l’identité de la société.

Au Maroc, on peut facilement raconter dans un diner la dernière fois où on a corrompu un fonctionnaire, on peut même avancer un bakchich devant nos petits enfants … tout ça bien sur en insultant celui qui vient de l’accepter. Mais c’est la honte de parler du petit ami de notre fille ou sœur. Des échelles de valeurs.

Plus désespérant, on a honte même de raconter les fois où un Marocain refuse le bakchich qu’on lui propose. Car oui, il y a des Marocains qui se mettent un point d’honneur de ne pas participer à ce système sénile.

Comme pour la Moudawana, le Roi risque d’aller à contre courant et remettre en cause sa popularité s’Il donne un coup de pied dans la fourmilière.

Mar 4

Avertissement :
Ce billet baigne dans les généralités et les clichés.

Si le Français est un bon marketeur, l’Américain est un excellent entrepreneur, le Hollandais un modeste Commerçant, le Chinois un infatigable travailleur, le Marocain est un commerçant de tapis orientaux hors pair !

Seul hic, le Marocain est souvent dans la merde quand les autres n’ont rien conçu, ni produit, ni packagé, ni … bref, n’ont pas mâché tout le travail pour lui.

cartes

Histoire véridique :

La maison blanche a lancé un appel d’offre symbolique pour retaper la vielle demeure. Et c’est Obama himself qui a voulu étudier les devis reçus.

Le premier devis est bien américain et était d’une somme de 4 millions de dollars : 2 millions pour le matériel et 2 millions pour la main d’œuvre.

Le deuxième devis est chinois. 3 millions de dollars : 2 pour le matériel et un million pour la main d’œuvre.

Le troisième est européen. 6 millions de dollars, et dans le détail du devis on peut lire : 3 millions matériel et 3 millions main d’œuvre.

Surpris, Obama voit sur la pile des propals un quatrième devis marocain celui-là, avec la modique somme de 9 millions de dollars !

Il descend à la rubrique détail, et lit : 9 millions et on s’occupe de tout / Prix d’ami.

Intrigué, Obama organise un conf call avec les Marocains pour avoir plus d’information. Bien sur, hors de question pour les Marocains d’accepter un vulgaire conf call, et jurent par leur honneur que « walou ! On vient vous voir dans l’après-midi ! Et on vous invite à diner dans le meilleur resto de DC »

Ni un ni deux, ils ont atterri l’après-midi dans les jardins de la maison blanche avec leur jet privé.

Et arrivés au dessert, ils expliquent à leur pote Obama le détail des 9 millions de dollars : 3 sont pour nous monsieur Obama, 3 c’est pour vous et l’avenir de vos jolies petites filles et 3 sont pour les chinois qui vont faire le boulot.

Il faut être un Bush pour refuser …

Précision :
Cette histoire n’est évidemment pas véridique tête de bourriquot !

Mar 3

Ca fait deux … dans certains cas …

Le billet d’aujourd’hui est un tendre clin d’œil à notre police aux frontières, et plus précisément, celle de l’aéroport Mohamed V.
Le billet ignore délibérément toutes leurs contraintes opérationnelles, leurs manques d’effectifs et galère logistiques.

Je me suis assez couvert comme ça ? Enchainons alors !

police

Conseil :
Au Maroc, la police des frontières utilise des méthodes de prition psikoulogique avancées, qui, conjuguées aux dispositifs techniques se révèlent performants pour détecter les profils à risque.
Ne jouez surtout pas le malin ! Faites profil bas si vous ne voulez pas que votre voyage dans l’aéroport dépasse l’heure obligatoire.

7didane : Salam (il vaut mieux donner le plus d’indications au fonctionnaire que tu parles sa longue, que tu connais sa culture …)

Policier : … (50% il répond, 50% il répond pas. Mais dans 100% si tu ne le salues pas, il te lance un salam ma7amelch), (puis d’un geste, il demande les papiers)

Et on part dans un délire d’improvisation …

Quand le policier dans les pays civilisés ont une démarche claire à suivre afin de checker des papiers et vérifier une identité, son homologue marocain a reçu seulement une politique générale, quand ce n’est pas carrément la stratégie directe : arrêter ceux qui doivent être arrêtés. A lui de les décliner en des actions et une démarche appropriée pour définir les profils à arrêter, la démarche pour les identifier et de l’exécuter.

S’en suit des questions aléatoires qui ont la particularité et le génie de ne jamais se répéter, à croire que notre police est équipée d’une application CRM distribuée qui se souvient de tes historiques de passages.

Essayons d’imaginer la démarche, si démarche il y a :

1 – Si le passager vous tend un passeport étranger :
A – bien le fixer dans les yeux à la recherche d’ADN commun
B – glisser un mot en darija et analyser sa réaction
C – une fois provenance identifiée, demander le passeport marocain. S’il ne l’a pas sur lui, lui faire comprendre avec un discours patriotique que c’est un devoir national de le garder auprès de son cœur.

2 – Si le passager vous tend un passeport marocain :
A – Selon l’humeur du policier, il peut vous refaire le film ci-dessous en exigeant la carte d’identité aussi. Je n’ai jamais pu identifier quand ils la demandent et quand ils décident qu’elle est inutile.

3 – Une alternative amusante, demander la carte d’identité marocaine quand on leurs donne un passeport étranger sans pour autant demander le passeport marocain. Cette option est appliquée en général à des sujets qui portent sur eux de l’ADN marocain sans pour autant manifester de signe au stimulus lingus en darija.

Une fois le policier convient des papiers qu’il va utiliser pour la vérification, son embarrât commence. Aucun appareil ne lui permet visiblement de contrôler la validité des papiers qu’il a entre les mains. Mais en même temps, il ne doit pas laisser filer des faux papiers.

D’où le fait de répéter à plusieurs reprises votre nom ou prénom (le prénom donne une illusion malsaine de familiarité, surtout aussi vulgairement prononcé par l’Autorité), ou de demander la date de naissance inscrite sur le papier devant lui (un terroriste ne révisera pas ce détail avant de débarquer), ou ton métier, ou ton adresse, ou plus débile la raison de ton escale, etc …

Et dans cette longue queue, ces fonctionnaires, dans le sens péjoratif du terme bien sur, trouvent le temps de te faire des remarques types :
- wa ça fait longtemps que tu es en France. Tu ne veux pas rentrer ?
- 3endi wa7ed sahbi f Nice.
- Tat dkhol bezaf !

Et de toutes les remarques connes et moins connes, désobligeantes ou maladroites, je n’oublierai jamais un policier qui m’a sorti un jour, en me fixant moi et ma photo sur le passeport qui date d’une quinzaine d’années : « wa jat m3ak frança ! »

Finalement, heureux qu’il ne t’a pas demandé le secret derrière ton célibat ou pourquoi tu n’investis pas dans la pierre comme font les gens bien, il tamponne ton passeport et te laisse filer.

Ceci sans compter sur notre police chérie qui est motivée par une fibre socialiste, et qui pour combattre le chômage emploie 2 policiers vers les 2 escalators, juste après les guichets de polices (bane likoum fine, yakou ? :D). Précision, tous ces policiers sont dans le même hall.

Chacun prend un escalator. Te demande de ressortir le passeport pour le contrôler … plus précisément, contrôler que le premier policier a bien tamponné le passeport … et te le rendre sans te souhaiter un bon séjour … ce qui donnerait une autre dimension à ce job de con.

Une fois, un cachet a séché dans un guichet. J’ai vu de mes propres yeux, le 1er policier cacheté, le passager arrive chez le 2ème policier qui lui dit, comme il a dit à tous les passagers avant lui qu’on ne voit pas bien le cachet, et qu’il faut qu’ils reviennent chez le 1er policier, qui leurs dit à son tour : « c’est un con, allez-y vers lui et faites moi signe ». Ce que les passagers font, puis le 1er fait un signe de la main au 2ème, depuis son guichet, pour les laisser passer. Et le 2ème ouvre le passage.

Après une dizaine de passagers, le 1er s’est levé de la chaise et a crié dans le hall : « A sahbi khali nass i douzou ! ». Le 2ème ne s’est pas exécuté.

Le plus marrant dans l’histoire, ça sera la réaction de ses fonctionnaires si le sommet de l’Etat décide de réformer ce système.

Le 2ème policier inutile trouvera inhumain son licenciement, et refusera toute formation de reconversion car il saura qu’il aura plus de boulot.

Le 1er policier sera réfractaire à tout outil technique qui détectera les papiers falsifiés, ou tout progrès dans ce sens. Pour la simple raison, que l’outil piétinera sur ce qu’il croit son « pouvoir » de décision. N’en parlons pas d’un outil qui remontra des rapports sur le nombre de passagers traités et les durées de traitement …

La seule réforme qui intéresse le Marocain, c’est l’augmentation de salaire avec la baisse réelle de la quantité du travail et l’augmentation illusoire du prestige et responsabilité. Le reste des demandes c’est du cinéma.

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