Feb 19

miserables

Au Maroc, il y a pleins de Thénardiers. Du coup, c’est facile d’être pris pour un Javert.

Je ne sais pas s’ils sont nihilistes ou pas. Mais je pense qu’ils n’ont feront surtout pas l’effort d’intellectualiser leurs comportements.

C’est le concours à qui bosse le moins, et gagne le plus. La valeur travail est même très négative dans la société : Seuls les cons font leur boulot.

Mon diagnostic est pessimiste. Des réformes de la Justice et des institutions n’y pourront rien.

La Loi est perçue dans la société comme une contrainte à gérer, et non un moyen de civiliser les conflits.

Corolaire, les Marocains se référent à la Loi quotidiennement afin de vérifier s’ils ont le droit d’arracher, ou pas, tel privilège. Un instrument donc qui était censé réguler les litiges se transforme en un outil d’en créer.

« Assurer ses arrières » c’est la tâche qui a m’a pompé l’énergie depuis le début d’année.

Dans toute Loi il y a des lacunes et des portes dérobées. On reconnait une société de droit à la conscience de ses individus de ne pas emprunter ces sentiers de perditions, au risque de faire effondrer le système.

Le cas des juges Anglais qui ont un budget frais personnelles illimité en est l’exemple.

Peut-on parler d’une société quand les individus n’ont aucune foi dans un projet commun ?

Si le terme philosophique « nihiliste » utilisé par le Roi dans ses discours pour désigner des ennemis de la société a pu choquer quelques gauchistes sur le net marocain, je pense que le diagnostique n’était pas loin de la réalité.

Nos gauchistes se sont surestimés en croyant que le Roi identifiait la minorité qu’ils sont.

Le terme renvoie plutôt à une majorité (je pense que l’entourage royal considérera qu’ils sont minoritaire, et que je suis aussi un nihiliste, ils se trompent) du peuple qui a perdu la foi en l’Autre, et la capacité d’adhérer à un projet commun.

Du chômeur qui exige un contrat de fonctionnaire et refuse toute reconversion, au ministre Marocain qui se fait naturaliser espagnol durant ses fonctions au gouvernement.

Je reviens à mes références aux Misérables de Victor Hugo, mon identité française qui me titille peut-être, les Thénardiers ne sont pas identifiables dans notre société à leur compte en banque. Ce symptôme de perte de valeurs est un symptôme global qui affecte toute la société.

Et quand le gnou veut faire son fier et sortir de la meute, il est taxé de Javert.

Ceux qui ont lu les Misérables et détesté Javert portent en eux les germes de l’Injustice et la sauvagerie.

Oui, Jean Valjean mérite la prison.

C’est cette conviction qui permet de rétablir la société de droit. Non pas la conviction que les vrais coupables sont ailleurs, et que ce seul fait excuse tous les autres crimes.

Le Journal Hebdo mérite son verdict !
Ceux qui ont soutenu le contraire ne différent guère de ceux qu’ils croient leurs ennemis.

Un symptôme global j’ai dit.

Je ne suis pas innocent, non plus. Mais je ne veux pas perdre le peu de foi que j’ai eu enfant dans ce pays.

Jan 28

bonnet-d-ane

Quand j’étais encore étudiant, j’étais ravi d’être toujours dans le peloton d’excellence. Depuis le primaire, et sur une classe de 30 élèves, on était au plus 5 à se distinguer, quand c’est moins.
Mais mon jeune âge et mon expérience quasi nulle ne m’ont pas permis de remarquer qu’il ne sert à rien d’être parmi les 5 premiers quand de toute façon tu prendras les 25 autres en plein figure sur le marché de l’emploi : Ils sont malheureusement mes collaborateurs et clients !

Un mois après le début de mon expérience professionnelle au Maroc, voici quelques remarques qui ne concernent que mon expérience :

Incompétence : c’est la première remarque qui saute aux yeux. Ce qui contraste avec la conviction populaire en un génie marocain. Les gens sont convaincus que le Marocain est intelligent à l’échelle individuelle, mais sous prétextes exogènes les Marocains deviennent sous-développés à l’échelle de la société.

Pour utiliser une projection que j’affectionne ces dernières semaines à cause de l’enfer de la circulation casablancais, le Marocain est convaincu qu’il est un excellent conducteur et que grâce à son intelligence le nombre d’accident est inférieur à ce qu’il doit être.

A Monsieur l’intelligent, ou comme il faut appeler un chat un chat, Fhamator, l’intelligence sur la route ne consiste pas de deviner le prochain mouvement de l’autre. Exemple, le connard qui ne fait pas son Stop car il croit deviner qu’il peut te griller la priorité sans toucher le devant de ta voiture.
L’intelligence sur la route consiste à conduire de telle sorte que les autres devinent mon prochain mouvement.
Le conducteur Marocain ne sait tout simplement pas conduire.

Malhonnêteté : le Marocain ment quand il dit qu’il a fait ce qu’il a à faire. Ceci est la règle d’or qu’il faut suivre si tu veux que ton boulot soit fait. Il ne faut jamais demander si le mec a bien terminé la tâche pour laquelle tu le paies, car il répondra toujours oui. Au contraire, il faut l’infantiliser et lui demander ce qu’il a déjà fait.

Agressivité et violence : corolaires directe de l’incompétence et de la malhonnêteté. Quand tu es incompétent, l’agressivité est ton seul argument pour avancer les choses. Tu ne dialogues pas, tu n’argumentes pas, tu CRIES. Comme un môme qui veut introduire un triangle dans un cercle, il CRIE. Et quand la maitresse est de surcroit incompétente, ça crée du vacarme.

A force de devoir expliquer ton plan d’architecte à la main d’œuvre de génie (A ssani3 Al maghribi) et que tu vois le chantier s’enlisé, tu finis par craquer et lui lancer : ara hadik lmalassa o ghbar men 9odami !

Mon bilan de ce premier mois est désastreux. Mais peut-être incomplet.

Dois-je tenter un autre mois ? J’y pense.

En tout cas, la vie professionnelle au Maroc n’est pas ma première motivation pour rester. Heureusement qu’il y a la vie sociale … avec ses nombreux travers aussi !

Dec 23

Monsieur le Président, Je ne supporte plus ces dérapages volontaires, ces phrases imbéciles qui explosent comme des bombes mortelles des bouches haineuses de vos ministres et de votre entourage.

Je ne suis pas de votre bord politique, mais j’ai toujours su garder le respect nécessaire à votre fonction. Maintenant, à vrai dire, je commence moi aussi à éprouver la même haine à votre égard et l’égard des vôtres… Et pour que les choses soient dites sans détour et avec la même désinvolture que vos émissaires en terre FN, votre idée de la France, je n’en veux pas. Mieux : votre France, je n’en suis pas, je vous la laisse ; gardez-la pour vous et pour les vôtres, faites-en une réserve pour une seule « espèce » de citoyens à l’exclusion de toutes les « racailles » envahissantes que nous sommes nous autres.

Pourtant il m’a fallu du temps pour me sentir membre à part entière de cette belle aventure qu’on nomme France. Déjà par un apprentissage précoce de la langue de Molière depuis ma tendre enfance au fin fond de la campagne marocaine. Ensuite par quarante longues années de vie parmi ce paradoxal peuple de France : aussi généreux qu’inquiétant. Mais aujourd’hui j’en arrive à comprendre les jeunes que vous nommez « racailles » quand ces jeunes sifflaient la Marseillaise. Pourtant à l’époque cela m’avait offusqué. Oui, je n’en peux plus de courir après « votre » France, que vos diatribes estampent de devant moi tel un mirage qui s’éloigne indéfiniment. J’en ai assez de me rapprocher de gens qui sans cesse jettent le doute sur ma « fidélité française » à cause de mes origines et de mes supposées croyances. J’en ai assez de subir l’invective à chaque fois qu’un gouvernement et un président sont en mal de popularité.

Avec l’âge, je ne crois plus guère que le temps règlera les choses sans heurts voire même sans violence, vu que le temps qui passe ne fait qu’aggraver la situation. Alors, autant jouer franc jeu, si j’ose employer ce terme : à partir d’aujourd’hui, je cesse de défendre mon identité française. Peut-être vos ministres xénophobes s’en donneront-ils à cœur-joie et se laisseront aller à plus d’accusations racistes. Peut-être des mouvements extrémistes (des deux bords) vont-ils exploiter cette situation. En vérité, cela m’importe peu dorénavant. Et je vais de ce pas militer pour que nous soyons nombreux à s’octroyer une certaine « objection de conscience identitaire ».

Monsieur le Président, c’en est trop que vos discours et ceux des dirigeants politiques en général distillent impunément et à longueur de médias cette idée venimeuse qu’un fossé infranchissable sépare les bons Français de nous autres les métèques, les « musulmans », les « quand il y en a un ça va… », les « non white », les « gris par mariage », « les qui sifflent la marseillaise », enfin toutes ces hordes et les rejetons de ces hordes qui ont fui les guerres, les dictatures et « toute la misère du monde ». Bref, les impurs voire même les impies d’une France et d’une Europe si radicalement chrétiennes qu’elles ne sauraient accueillir en son sein ces turcs musulmans…

Si ce n’était que politique politicienne, on pourrait se terrer le temps d’une campagne électorale. Mais vos discours renforcent au sein de la population les comportements les plus discriminatoires, une discrimination qui met déjà au banc de la société des pans entiers de la jeunesse « non native », même quand cette jeunesse est diplômée des fleurons de nos universités. Pour nommer les choses telles qu’elles sont, vos méthodes ressemblent à s’y méprendre à quelque stratégie – consciente ou inconsciente – d’apartheid. Et, à mon niveau, j’ai comme le sentiment que vous savez ce que vous faites. Quoi qu’il en soit, tout semble illustrer votre état d’esprit ségrégationniste : votre jeu de petites phrases malsaines ne nous est-il pas en fin de compte destiné : histoire de nous faire comprendre que vous êtes de ceux qui sauront nous mettre au pas le moment venu ? Ne sert-il pas aussi à rassurer les « vôtres » et à les protéger de toute mixité contagieuse ?

Comme ce pays bascule de jour en jour dans le repli, je suppose qu’il n’y a aucune raison que cela s’arrête. Je sais que les nombreuses campagnes électorales à venir seront autant d’occasions de « nous » vexer, de « nous » humilier, de nous classer dans la catégorie « non intégrable » malgré « votre » immense hospitalité française… Eh ben, soit ! Jouons donc ensemble à ce jeu vicieux puisque vous semblez y tenir tant. Mais il vous faudra vous habituer à un changement nécessaire afin que les règles soient moins « injustes » : nous n’accepterons plus dorénavant votre injonction à être français selon votre bon vouloir. Non, vous ne pourrez plus nous sommer d’être ceci ou cela, encore moins sous peine d’excommunication…

Pour ma part, j’affirme ne pas me sentir français quand je vous entends parler des « miens » avec arrogance et mépris. A vrai dire, votre façon d’être français me fait plutôt honte. Non, je ne suis pas de « votre » France, je ne suis pas de cette France frileuse, repliée sur elle-même, de cette France raciste qui pense qu’un jeune français de confession musulmane est un être à part, un être dangereux, asocial. Tout comme hier dans les colonies. Bref, je ne suis pas de cette France chrétienne avec des relents collaborationnistes voire même croisés…

Non, Monsieur le Président, votre France n’est plus la mienne. Gardez-la pour vous et pour les vôtres. Et parquez ceux qui ne partagent pas votre conception de la France, cette France qui hait ses jeunes dont le faciès n’est pas aux normes, cette France qui dresse un mur entre elle et nous autres « dangereux étrangers ». Oui, c’en est fini de nous prêter à ce jeu stupide qui consiste à ce que les plus « méchants » de la classe politique nous insultent et nous vexent pendant que les plus « gentils » nous somment de ne pas crier de peur de réveiller la bête immonde…

Aussi, j’appelle tous ceux qui en ont marre de cet affront à se rebeller, à se révolter. Je leur demande de crier haut et fort qu’ils ne sont plus français, en tout cas pas à la manière de ces racistes qui nous pourrissent la vie par des vexations assassines pour voler quelques voix à l’abject Le Pen… Je demande à tous ceux qui se sentent concernés de se mettre en quelque objection de conscience identitaire.

Éventuellement, nous voudrons bien faire partie d’une autre France si tant est que nos politiques nous en offrent les perspectives, la France des Lumières, de la grande Révolution française, celle de la résistance et celle qui a combattu l’esclavage et le colonialisme. Oui une France qui saurait respecter chaque français, quelle que soit son origine, qui le traite à égalité des droits et des devoirs, sans préjugé et surtout sans cette haineuse discrimination qui agit en écho à la haine qui transparaît jusqu’aux cœur même du pouvoir…

Mustapha Kharmoudi Ecrivain, ancien conseiller municipal, ancien membre du CNPI (Conseil National pour l’Intégration des Populations Immigrées)

Nov 30

[Ce] mouvement nationaliste qui s’adresse à tous les Arabes, de toutes les religions et de toutes les sectes, sanctifie la liberté de croyance et considère avec un égal respect et la même estime toutes les religions. Mais il reconnaît à l’islam un aspect nationaliste qui a joué un rôle essentiel dans la formation de la nation arabe et de son histoire. Le [] estime que cet aspect est intimement lié à l’héritage spirituel des Arabes et au caractère spécifique de leur génie. Le [] est le premier mouvement qui ait rendu clair ce lien, et qui lui ait donné son expression définitive. Ainsi put-il résoudre une crise fort ancienne et épargner au nationalisme arabe deux conceptions déviationnistes : un nationalisme abstrait entraînant pour elle l’appauvrissement et des vues superficielles, et un nationalisme purement religieux, qui la voue aux contradictions et à la stérilité. (…)

Imaginons les premiers musulmans (ceux du temps du Prophète Mohammed), qui connurent le combat au nom des principes et qui surmontèrent toutes les difficultés au nom de ces principes. (…) S’ils revenaient parmi nous, qu’est-ce qui leur paraîtrait juste et qu’est-ce qui leur inspirerait confiance ? Où se sentiraient-ils chez eux ? Serait-ce du côté de l’injustice sociale, parmi les hommes riches et distingués de notre société, parmi les exploiteurs du peuple qui dorment paisiblement tandis que 90 % de notre peuple vit dans la misère ? (…) Vivraient-ils avec ceux qui soutiennent cette classe, parfois même au nom de la religion ? Je suis persuadé que, si les premiers musulmans revenaient parmi nous, ils ne trouveraient la vie supportable que dans les villages sombres et misérables, parmi les opprimés, parmi les combattants qui sont dans les prisons, parce que ceux qui défendent la justice ne peuvent se placer que du côté de la justice…

Michel_Aflaq

Qui a écrit ce texte ?

Il s’appelle Michel, chrétien qui a étudié à la Sorbonne fin des années 20 du siècle dernier. Il s’est intéressé entre autres à Marx, Lénin et Nietzsche. Il devient par la suite fondateur du parti Baas : Michel Aflak, fer de lance du nationalisme arabe d’après la deuxième guerre mondiale.

Le parti avait une tendance socialiste mais non marxiste, laïque mais imprégnée d’islam. Un équilibre que les Occidentaux ont réussi a sapé avec le renfort des islamistes.

Je vous propose un article de Hicham Ben Abdallah El Alaoui qui date d’aout dernier : Retour vers le futur dans le monde arabe.

Il en va sans dire que je le trouve un petit chwiya optimiste. Mais je trouve la construction logique cohérente et permet de présager d’un demain meilleur dans la région. Déjà ça de pris.

J’en profite pour donner ma vision du salafisme. Vite fait, mal fait, comme je vous ai habitué dernièrement.
Comme je l’ai précisé à maintes reprises sur ce blog, ne pas traduire en français un mot et garder l’équivalent arabe est régulièrement utilisé pour attiser les peurs de l’Inconnu. Par quel mot donc substituer « salafisme » sans trahir la traduction ?

J’éviterai le poids d’un mot marketing comme « Renaissance ». Et j’opterai davantage pour « Retour aux sources ».

La Renaissance était donc un retour (salafisme) aux sources grecques. L’Europe a remis en cause la modernité apportée par le christianisme et a puisé dans la culture des Anciens un Nouveau sens à leur existence.

Le retour aux sources n’est donc pas une valeur négative en soi. Et il ne peut être considérer comme une régression s’il s’avère une inspiration de renouveau.

Les Occidentaux, en stigmatisant le retour aux sources dans la culture musulmane, nous privent d’une inspiration intarissable. Ils ne sont motivés dans leurs démarche que par la volonté d’effacer la diversité et de faire fondre les racines d’une culture musulmane new-age dans leurs cultures occidentales diverses.
Maintenant que j’ai levé la suspicion sur le « retour aux sources », le débat au Maroc ne doit plus s’articuler entre pour ou contre le retour aux sources. Mais plutôt vers quelles sources. Le débat est ainsi plus riche, plus vaste et plus fécond. Et surtout à armes égales.

Les Occidentaux, quand ils ont fait leur Renaissance (salafisme), ils n’ont pas renié toute la modernité chrétienne, ni copié tout l’héritage grecque. En l’occurrence, les quelques uns qui se sont essayés à la jellaba blanche et sandales à la athénienne dans les rues de Rome ou Paris ont vite abandonné et se sont concentrés sur l’art pictural gréco-romain et philosophies traduites dans les bibliothèques andalouses et ottomanes.

C’est un salafisme équivalent qu’il nous faut. Un retour régénérateur aux sources. Osons le dire : une sélection des sources.

Comme vous oserez combattre les termes aux occidentaux tendancieux, osez combattre votre culture à vos religieux obscurantistes.

Et pour se faire, une relecture académique, courageuse et plurielle de notre Histoire s’impose à nous. Une relecture qui torpillera les certitudes de chacun de nous et remettra en cause nos valeurs actuelles.

7didane salafiste quand il le faut.

Nov 17

Je vais être bref et concis, ou du moins l’essayer.

Dans mes discussions avec certains démocrates Marocains, et connaissant ma nonchalance devant ce système de gouvernance, ils me rétorquent tous :

« Oui, on sait que la Démocratie ne peut être appliquée en l’Etat aux Marocains. Mais c’est le travail des élites de les éduquer. Et puis, avec un Etat d’institutions, on ne peut craindre le populisme dévastateur. »

C’est que mes amis démocrates font partie majoritairement de la classe économique dominante. Non pas que tout démocrate Marocain l’est, mais mes amis de la classe non dominante économiquement sont en majorité des religieux non démocrates. Non pas que tout non dominant Marocain l’est. Bref.

Donc mes amis démocrates ne sont pas cons, cela coule de source, pour tenter le diable et mettre en péril leurs privilèges. Bref.

La Démocratie représente pour eux c’est un Idéal. On rêve d’un peuple éclairé, et à défaut ils s’accrochent à la seule branche éclairée qu’ils trouvent au risque de mettre tous leurs œufs dans le même panier. Mais des œufs les ont-ils vraiment. Bref.

Cela dit, ils ont des plans. Ils croient détenir des solutions institutionnelles pour dompter l’ignorance mortelle du peuple, mais celles-ci malheureusement inapplicables car le Pouvoir n’en veut pas. Bref.

En gros, toutes leurs solutions proposées tentent, via différentes institutions, de court-circuiter le principe sine qua non de la démocratie : La Souveraineté au Peuple. A quoi bon alors changer l’équilibre actuel.

ARTlCLE 2 de la constitution marocaine
La souveraineté appartient à la Nation qui l’exerce directement par voie de référendum et
indirectement par l’intermédiaire des institutions constitutionnelles.

Quitte à dissimuler des lois fondamentales dans plusieurs gâteaux, je préfère les voir trôner dans le même Palais.

Je pense que le pouvoir en place a compris que tout système de gouvernance, donc de partage de Pouvoir, est un rapport de force. Bref.

Et chaque rapport de forces entre les acteurs animés par la volonté de Pouvoir donnera un système de gouvernance qui assure l’équilibre des « forces ». Bref.

Je ne suis pas particulièrement non démocrate. Mais je ne l’idéalise pas trop non plus. La démocratie n’est qu’un équilibre parmi d’autres. Une maturité dans l’exercice du Pouvoir. Mais loin d’être l’âge de raison.

Ce que je pense, c’est quitte à se faire des films et rêver d’idéal, rêvons d’un Idéal sans domination où les individus, dépourvus d’appartenances coopèrent librement dans une dynamique d’autogestion : L’Anarchie.

La Démocratie est un rapport de force qui se vit et ne se rêve pas. Bref.

Et pour être concis, le Roi amendera l’équilibre actuel et donnera la Souveraineté au Peuple, et le lendemain le Peuple la remettra au clergé. C’est que la Charia dans sa conception actuelle est un amas de lois fondamentales qui empêchent tout système démocratique.

C’est extrémiste et stigmatisant ce que je dis ? Alors demandez au premier Marocain qui se pointe devant vous : La Souveraineté tu la donnes à Allah ou au Peuple ?

La réponse : Allah.

La question implicite : Qui veux-tu qui légifère ?
La réponse implicite : Le clergé.

Je suis contre la démocratie dans mon pays le Maroc, et pour que le Pouvoir continue à balader le peuple avec le chemin vers elle.

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