Ca fait deux … dans certains cas …
Le billet d’aujourd’hui est un tendre clin d’œil à notre police aux frontières, et plus précisément, celle de l’aéroport Mohamed V.
Le billet ignore délibérément toutes leurs contraintes opérationnelles, leurs manques d’effectifs et galère logistiques.
Je me suis assez couvert comme ça ? Enchainons alors !

Conseil :
Au Maroc, la police des frontières utilise des méthodes de prition psikoulogique avancées, qui, conjuguées aux dispositifs techniques se révèlent performants pour détecter les profils à risque.
Ne jouez surtout pas le malin ! Faites profil bas si vous ne voulez pas que votre voyage dans l’aéroport dépasse l’heure obligatoire.
7didane : Salam (il vaut mieux donner le plus d’indications au fonctionnaire que tu parles sa longue, que tu connais sa culture …)
Policier : … (50% il répond, 50% il répond pas. Mais dans 100% si tu ne le salues pas, il te lance un salam ma7amelch), (puis d’un geste, il demande les papiers)
Et on part dans un délire d’improvisation …
Quand le policier dans les pays civilisés ont une démarche claire à suivre afin de checker des papiers et vérifier une identité, son homologue marocain a reçu seulement une politique générale, quand ce n’est pas carrément la stratégie directe : arrêter ceux qui doivent être arrêtés. A lui de les décliner en des actions et une démarche appropriée pour définir les profils à arrêter, la démarche pour les identifier et de l’exécuter.
S’en suit des questions aléatoires qui ont la particularité et le génie de ne jamais se répéter, à croire que notre police est équipée d’une application CRM distribuée qui se souvient de tes historiques de passages.
Essayons d’imaginer la démarche, si démarche il y a :
1 – Si le passager vous tend un passeport étranger :
A – bien le fixer dans les yeux à la recherche d’ADN commun
B – glisser un mot en darija et analyser sa réaction
C – une fois provenance identifiée, demander le passeport marocain. S’il ne l’a pas sur lui, lui faire comprendre avec un discours patriotique que c’est un devoir national de le garder auprès de son cœur.
2 – Si le passager vous tend un passeport marocain :
A – Selon l’humeur du policier, il peut vous refaire le film ci-dessous en exigeant la carte d’identité aussi. Je n’ai jamais pu identifier quand ils la demandent et quand ils décident qu’elle est inutile.
3 – Une alternative amusante, demander la carte d’identité marocaine quand on leurs donne un passeport étranger sans pour autant demander le passeport marocain. Cette option est appliquée en général à des sujets qui portent sur eux de l’ADN marocain sans pour autant manifester de signe au stimulus lingus en darija.
Une fois le policier convient des papiers qu’il va utiliser pour la vérification, son embarrât commence. Aucun appareil ne lui permet visiblement de contrôler la validité des papiers qu’il a entre les mains. Mais en même temps, il ne doit pas laisser filer des faux papiers.
D’où le fait de répéter à plusieurs reprises votre nom ou prénom (le prénom donne une illusion malsaine de familiarité, surtout aussi vulgairement prononcé par l’Autorité), ou de demander la date de naissance inscrite sur le papier devant lui (un terroriste ne révisera pas ce détail avant de débarquer), ou ton métier, ou ton adresse, ou plus débile la raison de ton escale, etc …
Et dans cette longue queue, ces fonctionnaires, dans le sens péjoratif du terme bien sur, trouvent le temps de te faire des remarques types :
- wa ça fait longtemps que tu es en France. Tu ne veux pas rentrer ?
- 3endi wa7ed sahbi f Nice.
- Tat dkhol bezaf !
Et de toutes les remarques connes et moins connes, désobligeantes ou maladroites, je n’oublierai jamais un policier qui m’a sorti un jour, en me fixant moi et ma photo sur le passeport qui date d’une quinzaine d’années : « wa jat m3ak frança ! »
Finalement, heureux qu’il ne t’a pas demandé le secret derrière ton célibat ou pourquoi tu n’investis pas dans la pierre comme font les gens bien, il tamponne ton passeport et te laisse filer.
Ceci sans compter sur notre police chérie qui est motivée par une fibre socialiste, et qui pour combattre le chômage emploie 2 policiers vers les 2 escalators, juste après les guichets de polices (bane likoum fine, yakou ? :D). Précision, tous ces policiers sont dans le même hall.
Chacun prend un escalator. Te demande de ressortir le passeport pour le contrôler … plus précisément, contrôler que le premier policier a bien tamponné le passeport … et te le rendre sans te souhaiter un bon séjour … ce qui donnerait une autre dimension à ce job de con.
Une fois, un cachet a séché dans un guichet. J’ai vu de mes propres yeux, le 1er policier cacheté, le passager arrive chez le 2ème policier qui lui dit, comme il a dit à tous les passagers avant lui qu’on ne voit pas bien le cachet, et qu’il faut qu’ils reviennent chez le 1er policier, qui leurs dit à son tour : « c’est un con, allez-y vers lui et faites moi signe ». Ce que les passagers font, puis le 1er fait un signe de la main au 2ème, depuis son guichet, pour les laisser passer. Et le 2ème ouvre le passage.
Après une dizaine de passagers, le 1er s’est levé de la chaise et a crié dans le hall : « A sahbi khali nass i douzou ! ». Le 2ème ne s’est pas exécuté.
Le plus marrant dans l’histoire, ça sera la réaction de ses fonctionnaires si le sommet de l’Etat décide de réformer ce système.
Le 2ème policier inutile trouvera inhumain son licenciement, et refusera toute formation de reconversion car il saura qu’il aura plus de boulot.
Le 1er policier sera réfractaire à tout outil technique qui détectera les papiers falsifiés, ou tout progrès dans ce sens. Pour la simple raison, que l’outil piétinera sur ce qu’il croit son « pouvoir » de décision. N’en parlons pas d’un outil qui remontra des rapports sur le nombre de passagers traités et les durées de traitement …
La seule réforme qui intéresse le Marocain, c’est l’augmentation de salaire avec la baisse réelle de la quantité du travail et l’augmentation illusoire du prestige et responsabilité. Le reste des demandes c’est du cinéma.